«Un véritable génocide» en cours en Irak

Moscou: Le Patriarcat de Moscou dénonce la terreur exercée contre les chrétiens d’Irak

Moscou, 18 août 2014 (Apic) La terreur exercée «en masse» contre les chrétiens d’Irak et les agressions violentes contre eux «sont devenues systématiques et s’apparentent à un véritable génocide», dénonce le Patriarcat de Moscou. Les jihadistes qui se sont emparés de Mossoul le 6 juin dernier ont détruit, pillé ou transformé en mosquées l’ensemble des 45 églises chrétiennes de la métropole du nord de l’Irak. Onze d’entre elles ont été incendiées.

«Les évènements tragiques résultant de la terreur sans précédent exercée par les rebelles contre les chrétiens d’Irak obligent l’Eglise orthodoxe russe à élever une fois de plus la voix pour les défendre», écrit dans un communiqué le Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou.

Les islamistes veulent éradiquer totalement la présence chrétienne de la région

«Les idéologues du soi-disant ‘Etat islamique’ se sont donné pour tâche d’éradiquer totalement la présence chrétienne des territoires occupés, se livrant à des assassinats en masse, déportant violemment les gens, les privant de tous leurs biens (…) La disparition de l’antique présence chrétienne aura des conséquences à long terme, catastrophiques pour l’ensemble de la région».

Jusqu’à 2003, environ un million et demi de chrétiens résidaient en Irak. La diffusion du radicalisme religieux, qui a commencé il y a déjà dix ans, le développement du banditisme, les attentats permanents, les meurtres et la discrimination ont obligé la majeure partie de la population chrétienne à quitter le pays, poursuit le service d’information de l’Eglise orthodoxe russe à Moscou.

En juin 2014, les bandes armées du mouvement extrémiste appelé «Etat islamique de l’Irak et du Levant» (EIIL), déjà connu pour ses cruelles exactions contre les populations chrétiennes civile de Syrie», ont commencé une offensive dans le nord de l’Irak. Avec l’entrée des rebelles dans la ville de Mossoul, le 6 juin 2014, les chrétiens qui y étaient demeurés se sont enfuis. Le 7 juillet 2014, pendant la rencontre des Primats des Eglises du Moyen Orient au Liban, le chef de l’Eglise catholique chaldéenne, Louis Raphaël Ier Sako a apporté le témoignage de personnes ayant vu personnellement les militaires de «l’Etat islamique» détruire les croix des églises, brûler des manuscrits anciens et des objets liturgiques.

En défense des minorités religieuses persécutées

«Les chrétiens ont reçu l’ordre de quitter Mossoul ou de se convertir à l’islam. Ceux qui refuseraient seraient soumis à des peines cruelles. Aujourd’hui, 70’000 réfugiés chrétiens sont stationnés à Erbil, au Kurdistan irakien, beaucoup d’entre eux doivent passer la nuit dans les rues. A Dohouk, ils sont plus de 60’000. Les médias informent que les rebelles de Mossoul exécutent régulièrement des enfants chrétiens, leur coupant la tête et laissant les corps pour effrayer les populations. Les femmes sont soumises à de cruelles violences», peut-on lire sur le site internet du Patriarcat de Moscou (https://mospat.ru)

Le thème de la situation difficile des chrétiens dans la région est soulevé depuis plusieurs années par la direction de l’Eglise orthodoxe russe, qui appelle à cesser les violences, à rétablir un dialogue politique pacifique et à défendre les minorités religieuses persécutées. «J’aimerais souligner particulièrement que la montée de l’extrémisme à motivation religieuse est un défi sérieux pour l’ensemble de la communauté internationale», rappelle le patriarche Cyrille de Moscou, en condamnant la terreur exercée par les extrémistes contre les chrétiens et les représentants d’autres religions en Irak. (apic/miospat/be)

18 août 2014 | 11:13
par webmaster@kath.ch
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