Inde: Dans le district troublé de Kandhamal, les chrétiens reconstruisent les églises

Une bénédiction en danse et en procession pour conjurer la violence

Simonbadi, 16 décembre 2009 (Apic) Dans le district troublé de Kandhamal, en Inde, les chrétiens indiens reconstruisent les églises, détruites par les violences. En présence de plus de 3’000 fidèles, l’archevêque catholique Raphael Cheenath, de Bhubaneswar, a en effet béni une nouvelle église dans le district de Kandhamal, dans l’est de l’Inde, qui a été le théâtre de violences antichrétiennes ces dernières années.

«Nous sommes très fiers d’avoir une église aussi belle et spacieuse», a répondu à l’Agence ENI Bhidhar Digal, un vieux paroissien, à qui il était demandé si des églises aussi élégantes étaient nécessaires dans le district de Kandhamal, une région pauvre.

Construite selon un plan octogonal sur le versant d’une colline, la nouvelle église catholique de Simonbadi est considérée comme le lieu de culte chrétien le plus élégant de tout le Kandhamal, district où vivent plus de 120’000 chrétiens, soit 20 % de la population.

Selon Bhidhar Digal, les paroissiens avaient besoin d’une église aussi grande pour remplacer l’édifice délabré et exigu qui ne pouvait pas accueillir tout le monde le dimanche. «Les églises sont un symbole de notre foi, et nous voulons qu’elles soient aussi bien que possible», a-t-il ajouté.

Des danseurs de tribus locales coiffés de chapeaux à cornes d’animaux ouvraient une procession solennelle, constituée de centaines de fidèles, vers le nouvel édifice religieux. Plus de 50 prêtres catholiques ont participé à la bénédiction de l’église, le 10 décembre.

Le père Mathias Basani Reddy, prêtre catholique de Simonbadi, a expliqué à ENI que la construction de l’église avait été entamée avant que les deux épisodes de violences au Kandhamal n’entraînent la destruction de plus de 300 églises et de 5500 maisons chrétiennes, ainsi que la mort d’une centaine de chrétiens.

La première série de violences antichrétiennes s’est déroulée pendant la période de Noël, en décembre 2007. De nouvelles violences ont éclaté plus tard, en août 2008, lorsque des extrémistes hindous ont tenu les chrétiens pour responsables de l’assassinat du leader hindou Swami Lakshmanananda Saraswati.

Le père Reddy a indiqué qu’un ancien prêtre de paroisse avait collecté dans le Golfe persique – où il officie désormais – les quatre millions de roupies (58’000 euros) nécessaires à la reconstruction de l’église, tandis que les catholiques du Kandhamal ont fourni leur main-d’œuvre gratuitement. (apic/eni/pr)

16 décembre 2009 | 15:42
par webmaster@kath.ch
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