Rome: Pédophilie : Le Vatican contre-attaque face aux accusations injustes des médias

Une campagne médiatique contestable

Rome, 6 avril 2010. Après plusieurs semaines au cours desquelles les médias du monde entier ont publié des révélations sur des scandales pédophiles impliquant des membres du clergé, le Vatican a choisi de contre-attaquer.

Dans une interview accordée à L’Osservatore Romano daté du 7 avril 2010, le doyen du collège des cardinaux, Angelo Sodano, a expliqué que les «attaques injustes» envers le pape venaient du fait que celui-ci «incarne des vérités morales qui ne sont plus acceptées». Quant à Radio Vatican, elle a choisi de donner la parole à un spécialiste d’éthique sociale dénonçant «l’irresponsabilité éthique» et «l’incapacité professionnelle» de certains journalistes.

Interrogé 2 jours après avoir publiquement fait part à Benoît XVI de son soutien – et de celui de «toute l’Eglise» – au tout début de la célébration de la messe de Pâques, place Saint-Pierre, le cardinal Angelo Sodano a soutenu que la campagne médiatique actuelle s’inscrivait, selon lui, dans «un combat culturel». «Le pape incarne des vérités morales qui ne sont plus acceptées», a ainsi expliqué le haut prélat italien, et «les erreurs des prêtres sont utilisées comme des armes contre l’Eglise»

«Devant ces attaques injustes, on nous dit que nous nous trompons de stratégie, que nous devrions réagir autrement», a encore relevé l’ancien secrétaire d’Etat du Saint-Siège. Pour autant, a justifié le cardinal Sodano, «l’Eglise a son style et n’adopte pas les méthodes utilisées aujourd’hui contre le pape» car sa «seule stratégie (…) vient de l’Evangile».

Enfin, a soutenu le doyen du collège cardinalice, ces «attaques injustes envers le pape» ont pour origine «des visions de la famille et de la vie contraires à l’Evangile». Elles sont à ses yeux une nouvelle manifestation d’hostilité envers l’Eglise, comme cela avait été le cas avec les «batailles du modernisme contre Pie X, puis l’attaque contre Pie XII pour son comportement pendant la Seconde guerre mondiale et, enfin, l’attaque contre Paul VI à cause d’Humanae vitae».

*# Irresponsabilité et incapacité des médias

Radio Vatican, le 6 avril, a donné pour sa part la parole à un professeur d’éthique sociale qui a fustigé «l’irresponsabilité éthique» et «l’incapacité professionnelle» de certains journalistes. Les attaques médiatiques les plus dures envers Benoît XVI sont venues de journaux américains et allemands, et concernent les responsabilités passées du cardinal Ratzinger à la tête du diocèse de Munich ou de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Antonio Maria Baggio, qui a ainsi affirmé sur Radio Vatican avoir lu avec soin les articles du New York Times et du Spiegel, a relevé dans les accusations lancées par ces médias la présence d’une «idéologie», à savoir «un projet d’attaque contre l’Eglise en la personne du pape».

«Un travail journalistique d’enquête» serait «appréciable», a ensuite soutenu Antonio Maria Baggio selon lequel la véritable information est que «Benoît XVI n’a ni approuvé – comme si cela était possible ! – ni couvert les cas de pédophilie».

Invité par Radio Vatican à réagir sur «l’équation ›prêtres = pédophiles’» qui semble ressortir «en lisant les journaux ces derniers jours», cet universitaire italien n’a pas hésité à juger que cela constituait une «véritable infamie parce que cela va contre la réalité des faits et de tout ce que les prêtres donnent à l’Eglise mais surtout à la société».

Le même jour, dans un autre reportage, Radio Vatican a en outre fait remarquer que le Wall Street Journal, «le quotidien le plus vendu aux Etats-Unis», venait d’affirmer que «le cardinal Ratzinger» avait agi «plus que quiconque pour obliger les prêtres coupables d’abus sexuels sur des mineurs à répondre de leurs crimes»

Ces derniers jours, de très nombreux cardinaux de la curie romaine ont pris la parole pour défendre Benoît XVI, ainsi que plusieurs évêques à travers le monde. Le plus proche collaborateur du pape, le cardinal Tarcisio Bertone, est resté pour sa part longtemps silencieux. Mais le 6 avril, en arrivant au Chili pour un séjour d’une semaine, le secrétaire d’Etat du Saint-Siège a lancé à quelques journalistes que Benoît XVI était «fort», qu’il était «le pape du 3e millénaire», et qu’il bénéficiait du soutien de «toute l’Eglise». (apic/imedia/js)

6 avril 2010 | 18:23
par webmaster@kath.ch
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