«Une catastrophe humanitaire invisible mais latente»
Chili : L’Eglise appelle l’Etat à prendre en charge les personnes âgées les plus pauvres
Santiago du Chili, 19 mai 2012 (Apic) A quelques jours du discours annuel du président chilien Sebastian Pinera prévu lundi 21 mai, l’Eglise catholique locale a écrit au chef d’état pour lui demander d’affronter la «catastrophe humanitaire» qui affecte les personnes âgées les plus pauvres dans le pays.
Dans cette lettre rendue publique jeudi 17 mai, Mgr Manuel Camilo Vial, évêque de Temuco et président de la Pastorale sociale Caritas, indique qu’au Chili «plus de 550’000 personnes âgées vivent avec moins de 100 «‚¬ par mois de revenus autonomes» – c’est-à -dire sans compter les maigres aides de l’Etat.
L’évêque attire aussi l’attention du président sur le manque criant de dispositifs d’aide aux personnes dépendantes. «A l’heure actuelle, il n’y a pas de maison de retraite publique, sauf un établissement à Punta Arenas, [en Patagonie ndlr].» Les anciens les plus pauvres doivent donc recourir à des fondations sans but lucratif comme la Pastorale sociale Caritas, el Hogar de Cristo ou encore la Fondation Las Rosas. Mais ces établissements font face à des difficultés compte tenu du coût élevé de ces programmes, explique le prélat, et ne parviennent pas à répondre aux besoins.
Seules un quart des personnes âgées ont le soutien nécessaire
Selon l’Eglise, des 36’000 personnes âgées vulnérables en situation de dépendance sévère ou modérée, seules 9’000 environ bénéficieraient d’un lit dans une institution. Et des 128’000 personnes âgées vulnérables en situation de dépendance légère ou indépendantes qui auraient besoin d’une aide, seules 19’000 environ bénéficieraient d’un programme privé ou public. «Nous faisons face à une catastrophe humanitaire invisible mais latente, s’indigne le texte. Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps.» Pour l’Eglise catholique, il est donc «urgent de créer une politique publique nationale qui prenne en charge la vulnérabilité dans laquelle vivent ces milliers d’anciens». «C’est une dette que nous avons comme pays, une injustice inacceptable sur la scène du développement économique du Chili», poursuit la lettre.
Un problème qui devrait aller crescendo car la part des personnes âgées dans la population chilienne est en augmentation. En 2025, les plus de 60 ans devraient atteindre environ 24% de la population, avance l’Eglise, soit plus que les moins de 15 ans.
«Nous espérons que, dans ce discours présidentiel du 21 mai, les personnes âgées ne seront pas une nouvelle fois oubliées et qu’enfin sera créée une politique qui protège leurs droits et leur donne les conditions minimum pour vieillir dans la dignité», conclut Mgr Vial. (apic/lg/mp)




