Delémont: Multiculturalité dans les Unités pastorales
Une chance pour l’évangélisation
Delémont, 29 octobre 2011 (Apic) Les agents pastoraux des missions italiennes de Suisse se sont réunis au Centre St-François à Delémont du 24 au 27 octobre. Ils ont abordé la question de la place et du rôle d’une mission linguistique dans une unité pastorale.
Sous l’égide de Migratio, la commission de la Conférence des évêques suisses pour les migrants et la Coordination nationale de la mission catholique de langue italienne en Suisse, les agents pastoraux des missions italiennes de Suisse ont réfléchi à la question de l’annonce de l’Evangile aujourd’hui et aux degrés de pluriculturalisme présents dans l’Eglise en Suisse.
A la quarantaine de missionnaires se sont joints ponctuellement le responsable de la pastorale des migrants à la CES, Mgr Martin Gächter, et des responsables diocésains. C’est l’évêque de Bâle, Mgr Felix Gmür, qui a ouvert le colloque à Delémont, en analysant les conditions de l’évangélisation dans une Suisse multiculturelle. Il s’agit de «promulguer la Bonne Nouvelle avec authenticité en actes et en paroles à tous ceux qui ont la bonne volonté de l’accueillir : à qui croit avec ferveur, à qui ne connaît pas le Christ, à qui l’a perdu en chemin, sans vouloir quantifier le succès». L’évangélisation passe par une inculturation au cours des époques et aujourd’hui elle a besoin d’une multi-inculturation. «Nous devons savoir intégrer la mobilité et le mode de vie actuel», et de conclure que «la collaboration et le dialogue apporteront un bénéfice spirituel».
Divers degrés de pluriculturalité
Les représentants des diocèses, Bâle, Coire et St-Gall, ont présenté leur façon d’appréhender la cohabitation et la collaboration avec les missions linguistiques. Pour Mgr Rémy Berchier, vicaire général, l’arrivée dans le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg de milliers «d’étrangers qui sont nos frères et sœurs dans le Christ est un enrichissement inestimable, un nouvel élan et dynamisme à condition de nous rapprocher et de nous apprivoiser». Selon les différentes missions et leur histoire, selon les aumôniers et l’accueil que leur accordent les paroisses suisses locales, Mgr Berchier constate qu’il y a divers degrés de pluriculturalité, de communautés linguistiques très indépendantes et autonomes. Il cite l’exemple de l’Unité pastorale de Renens-Bussigny, pluriculturelle ad experimentum depuis 2005.
Cinq modèles de collaboration retenus
Le thème de la rencontre a été soumis à la réflexion des missionnaires en groupes de travail qui ont élaboré une synthèse de ces quatre jours. La mobilité est un phénomène structurel, les structures ecclésiales doivent tenir compte de la multiculturalité de leurs fidèles. La spiritualité de la communion/communauté doit être promue dans la formation.
Cinq modèles de collaboration peuvent être proposés : un service auxiliaire ou occasionnel dans une paroisse ou une Unité pastorale, une coopération dans certaines tâches auprès des jeunes, des aînés ou de la catéchèse par exemple, un modèle paroissial, un modèle de team paroissial mixte suisse-italien ou encore un modèle de groupe paroissial.
Il n’y a pas de modèle unique qui convienne à tous et partout, constatent les missionnaires italophones. Leur choix devra correspondre au mieux aux attentes de leurs fidèles et aux besoins de la troisième et quatrième génération d’immigrants. Le modèle paroissial est le plus facilement réalisable : s’il exige une grande flexibilité de la part du prêtre, il aura l’avantage de permettre à deux communautés de cheminer ensemble. Quant au modèle de groupe paroissial, co-responsabilité entre les agents pastoraux, «il correspondrait à l’Eglise de la Pentecôte».
Aux paroisses et Unités pastorales suisses de s’interroger à leur tour sur leur perception de la Mission : la pastorale migratoire est-elle reconnue comme pastorale ordinaire, partie intégrante de la vie de l’Eglise locale ? (apic/sic/mr/js)



