Une clarisse d’origine vaudoise bientôt béatifiée?
Une clarisse originaire du canton de Vaud, sœur Marie de la Trinité (née Louisa Jacques) (1901-1942) pourrait bientôt être béatifiée. Cette religieuse mystique a terminé sa vie à Jérusalem.
Cristina Vonzun, catt.ch / traduction adaptation Maurice Page
Le Tessinois Roberto Poretti a été nommé par le patriarche latin de Jérusalem, le cardinal Pizzaballa, président de la Commission historique pour la cause de béatification de sœur Marie de la Trinité.
Soeur Marie de la Trinité a laissé plusieurs écrits mystiques. Publiés en 1948 après sa mort, ces textes font l’objet d’une attention renouvelée avec une nouvelle édition comprenant de nombreux inédits publié par Roberto Porreti sous le titre Sœur Marie de la Trinité. Écrits et Témoignages. Ses écrits seront objet d’un colloque à Jérusalem le 14 février 2026, soit un siècle après sa conversion et l’appel à la vie cloîtrée.
Un rayonnement grandissant
De son couvent cloîtré de Jérusalem la clarisse a longuement dialogué avec de grandes figures du catholicisme helvétique, de l’abbé Maurice Zundel à la mystique Adrienne von Speyr.
C’est le père spirituel de sœur Marie de la Trinité, le frère belge de la Custodie de Terre Sainte, Sylvère Van den Broeck qui compris dans les années 1940 le caractère extraordinaire et la profondeur ainsi que la valeur pour toute l’Église des révélations intérieures de la clarisse vaudoise. «Il l’a suivie et accompagnée dans sa croissance spirituelle d’une manière délicate mais ferme, comme en témoigne d’ailleurs la clarisse elle-même dans le récit de sa conversion et de sa vocation», explique Roberto Poretti.
Une jeunesse tourmentée
Louisa Jaques est née de parents suisses le 26 avril 1901 à Pretoria où son père était pasteur calviniste. Sa mère est décédée quelques heures après lui avoir donné naissance. De santé fragile, Louisa rentrée entre temps en Suisse, a vécu une jeunesse tourmentée dans son corps et dans son esprit. À 25 ans, elle a traversé une profonde crise existentielle qui a culminé dans la ›nuit de la conversion’, entre le 13 et le 14 février 1926. Depuis lors, elle a ressenti une «attirance irrésistible pour le cloître». Elle a été reçue dans l’Église catholique le 19 mars 1928.
Après de nombreuses tentatives de vie religieuse, elle entra le 30 juin 1938 dans la communauté des Clarisses de Jérusalem où elle prend le nom de Marie de la Trinité. À partir de janvier 1940, par obéissance à son confesseur, elle commença à écrire ses notes spirituelles qui seront rassemblées dans la publication «Colloquio interiore» (Entretien intérieur) qui susciteront l’intérêt entre autres du théologien suisse Hans Urs von Balthasar.
Le 8 décembre 1941, elle s’offrit en victime à Jésus Eucharistie, se donnant sans réserve à la prière, à l’adoration et à la charité fraternelle. Atteinte de la fièvre typhoïde, elle mourut le 25 juin 1942 et fut enterrée dans le cimetière du monastère.
La cause de béatification de sœur Marie de la Trinité a été officiellement ouverte à Jérusalem le 30 avril 2025. (cath.ch/catt.ch/mp)





