Tunisie: Un article de la nouvelle Constitution exclut un président non musulman

Une condition dénoncée comme discriminatoire

Tunis, 21 janvier 2014 (Apic) Un article adopté le 20 janvier 2014 par l’Assemblée nationale constituante de Tunisie (ANC) stipule que seuls les musulmans peuvent briguer la présidence de la République, rapporte le site internet d’information «Jeune Afrique». La controverse provoquée par cette mesure a paralysé les débats sur l’adoption de la Loi fondamentale. Des représentants des minorités religieuses ont dénoncé une condition discriminatoire.

«Cette condition s’oppose à la liberté de conscience, qui est désormais un acquis et une liberté fondamentale», a dénoncé Yamina Thabet, présidente de l’Association tunisienne de soutien aux minorités (ATSM).

Lors d’une conférence de presse relayée par le quotidien tunisien «La Presse», elle a rappelé que la Constitution est la seule garantie de protection des droits de tous les citoyens tunisiens, quelle que soit leur appartenance religieuse, ethnique ou culturelle.

Contre «l’enracinement de l’identité arabo-musulmane»

L’activiste s’est aussi opposée à «l’enracinement de l’identité arabo-musulmane dans l’éducation». Elle a proposé de le remplacer par «l’enracinement de l’identité tunisienne, fruit d’une histoire riche et d’un mélange de plusieurs civilisations».Elle a en outre lancé un appel en faveur de la libération du militant athée Jabeur Mejri, condamné en mars 2012 à 7 ans et demi de prison pour avoir publié sur sa page Facebook des textes et des caricatures jugés insultants envers l’islam.

D’autres articles de la Constitution, pourtant déjà adoptés, font aussi l’objet de pourparlers de dernière minute en vue d’une modification, rapporte «Jeune Afrique». Le plus disputé traite de la liberté de conscience et des accusations d’apostasie. (apic/ibc/ag/rz)

21 janvier 2014 | 17:21
par webmaster@kath.ch
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