Etats-Unis: Le Vatican demande aux évêques américains de payer l’étude sur les religieuses Une contribution pour une enquête

Une contribution pour une enquête devisée à 1,1 million de dollars

Washington, 1er octobre 2009 (Apic) L’enquête sur les ordres religieux féminins aux Etats Unis – à savoir la «visite apostolique» des communautés ordonnée l’an dernier par le cardinal slovène Franc Rodé – va coûter cher aux évêques américains. Le préfet de la Congrégation romaine pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique a en effet demandé à la Conférence épiscopale américaine une contribution afin de financer ce projet devisé à 1,1 million de dollars.

La demande a été faite par le cardinal Rodé lui-même, révèle dans sa dernière édition le journal catholique américain «National Catholic Reporter», une publication indépendante dont le siège est à Kansas City. Cette étude, dont le projet a été approuvé par le pape Benoît XVI en novembre dernier, doit durer trois ans.

Le cardinal slovène a souvent exprimé sa préoccupation concernant les religieuses aux Etats-Unis, dont les 341 congrégations de religieuses apostoliques ne comptent plus qu’environ 59’000 membres contre quelque 180’000 en 1965. Il n’a pas caché sa sympathie pour les «communautés nouvelles» qu’il estime «en bonne santé», alors qu’à ses yeux certaines congrégations plus anciennes «se sont simplement résolues à la disparition de la vie religieuse», tandis que d’autres ont opté pour des chemins «qui les ont fait quitter la communion avec le Christ et l’Eglise catholique, même si elles ont fait le choix d’y rester physiquement».

Le cardinal Rodé très critique à l’égard de certaines congrégations

Ainsi, en septembre de l’année dernière, à l’occasion du 40e anniversaire de la déclaration conciliaire «Perfectae caritatis» sur le renouveau de la vie religieuse, le cardinal Rodé estimait qu’une interprétation de Vatican II «fondée sur la rupture plutôt que sur la continuité» avait conduit certaines communautés religieuses américaines à déraper. Le prélat vise les religieuses apostoliques – engagées dans la société, dans l’éducation, les soins de santé et les services pastoraux et sociaux – non pas les contemplatives cloîtrées. Ces moniales ont des styles de vie très différents et ne sont pas concernées par l’étude. L’objectif de la visite est donc d’observer la qualité de vie des membres de ces instituts religieux féminins apostoliques.

Le cardinal Rodé a nommé comme «visiteuse apostolique» Mère Mary Clare Millea, supérieure générale des Apôtres du Sacré-Cœur de Jésus à Rome. Mère Millea est à la tête d’une congrégation qui compte 1’250 religieuses dans le monde, dont 135 aux Etats-Unis. Lorsqu’elle aura achevé sa mission, en 2011, Mère Millea va présenter un rapport confidentiel, assorti de recommandations, au cardinal Rodé. Il ne devrait pas être rendu public.

Les religieuses américaines déplorent que l’enquête soit menée en secret

«Parce que cette ’visitation apostolique’ est si importante pour sauvegarder et promouvoir la vie consacrée aux Etats-Unis, il est également impératif qu’elle soit conduite de manière méthodique et efficiente», écrit le cardinal Rodé. Il demande à cette occasion l’aide de ses «frères évêques» américains pour ce travail qu’il estime décisif pour l’avenir de la vie religieuse apostolique aux Etats-Unis. Le cardinal révèle que ce budget de 1,1 million de dollars devrait couvrir les trois ans que ce travail de visitation apostolique nécessite.

Un document de Rome envoyé cet été aux responsables des congrégations religieuses américaines leur suggère que les communautés religieuses sur lesquelles on enquête prennent en charge les frais des équipes de visiteurs, «et si c’est possible, les coûts de transport découlant de la visite». La lettre du cardinal Rodé suggère que les dons pour financer cette visitation soient envoyés à la Congrégation romaine pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique à Rome.

Avis partagés parmi les religieuses

Les avis parmi les religieuses américaines sont partagés sur l’opportunité d’une telle enquête, certains l’appuyant en arguant de la diminution du nombre des religieuses et de la relative indépendance dont elles font montre dans leur mission apostolique, mais d’autre estiment que cette étude n’est pas nécessaire, qu’elle est humiliante, et détourne l’attention de problèmes bien plus pressants au sein du clergé.

Ces religieuses reprochent que cette enquête est menée dans le secret et demandent de la «transparence». Elles souhaitent avoir leur mot à dire avant que des recommandations ne soient faites. Lors de leur assemblée en août dernier à La Nouvelle-Orléans, 800 responsables de la «Leadership Conference of Women Religious», la Conférence des dirigeantes religieuses (LCWR), qui représente 95% des religieuses américaines, avaient déclaré qu’elles voulaient bien collaborer à cette enquête, «mais nous souhaitons être associées». Elles n’avaient pas caché leurs réticences face à cette démarche venue de Rome. (apic/cns/ncr/be)

1 octobre 2009 | 12:27
par webmaster@kath.ch
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