Inde: Victoire historique des peuples autochtones

Une Cour de justice oblige le gouvernement de l’Etat du Chhattisgarh à respecter la loi

New/Delhi/Lausanne, 17 août 2010 La Haute Cour de justice de l’Etat indien du Chhattisgarh a récemment accédé aux revendications des peuples autochtones du village de Bailadula pour leur accès aux terres indispensables à leur subsistance. Depuis près de 30 ans, l’Action de Carême soutient ces peuples discriminés vivant dans des conditions moyenâgeuses sous le joug de propriétaires terriens.

Cette application d’une loi de 2006 en faveur des droits des peuples autochtones promulguée par le gouvernement central de New Delhi donne un espoir considérable à des millions d’Adivasis, estime mardi l’œuvre catholique d’entraide, dans un communiqué.

L’exploitation des Adivasis par les propriétaires terriens en Inde présente un caractère tout à fait féodal. Les salaires de misère octroyés à ces travailleurs journaliers (en général, 40 roupies par jour soit 90 cts.) les obligent à s’endetter pour se nourrir et pour survivre. Lorsque le travail de toute l’année ne suffit plus à rembourser l’emprunt (l’intérêt peut aller jusqu’à 300% par an), le travailleur devient esclave.

De même que des milliers d’autres groupes autochtones, les Adivasis du village de Bailadula dans l’Etat du Chhattisgarh, ont été chassés de la forêt par les autorités qui cherchent à en exploiter les ressources selon leurs propres critères: déforestation et mise en place de cultures d’exportation et même d’agro-carburants. Depuis trois ans, les Adivasis luttent contre l’esclavage pour dette grâce à une caisse de solidarité mise sur pied au sein d’un projet d’Action de Carême.

Parallèlement, en vertu d’un décret voté par le parlement indien en 2006, les Adivasis tentent de cultiver un champ de millet pour leur propre subsistance et d’obtenir un titre de propriété. Ce texte de loi «Les peuples autochtones et les habitants traditionnels des forêts» accorde à ces peuples un droit à la terre qui leur était jusqu’à présent refusé: «Les Adivasis peuvent désormais obtenir des titres de propriété pour les terres qu’ils exploitent en vue de leur subsistance et leur survie», écrit l’Action de Carême.

Les efforts des Adivasis du village de Bailadula pour faire valoir leurs droits ont cependant vite tourné au cauchemar: coups, mise à feu de leurs huttes, viol, plaintes mensongères auprès des autorités forestières… Leur résistance fut sévèrement réprimée par les propriétaires terriens. Or, la décision de la Haute Cour du Chhattisgarh, début août, a donné suite à la pétition lancée par les Adivasis de Bailadula. Elle a tranché en leur faveur. Surtout, la Cour a ordonné au gouvernement et au Panchayat concerné – gouvernement local – d’appliquer la loi promulguée par le gouvernement central de New Delhi en 2006 et ceci dans un délai de trois mois.

Un espoir immense pour des millions d’Adivasis, commente Action de Carême: «Nous allons encore devoir travailler sans relâche afin que les autorités locales délivrent les titres de propriété pour les terres qui reviennent aux Adivasis. Ce long processus permettra de mettre un point final à leur souffrance et de les encourager à poursuivre leur lutte pour sécuriser les terres indispensables à leur subsistance» déclare Ajoy Kumar, coordinateur du programme d’Action de Carême en Inde. (apic/com/pr)

17 août 2010 | 14:39
par webmaster@kath.ch
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