Honduras: Suite à la médiation d'un évêque, deux gangs rivaux déclarent leur intention de paix

Une déclaration d’intention, mais pas de trêve

Tegucigalpa, 3 juin 2013 (Apic) Mgr Romulo Emiliani, évêque catholique auxiliaire de San Pedro Sula, au Honduras, a obtenu de deux des gangs les plus violents du pays, une déclaration d’intention en faveur de la paix. Mais si les membres de «18th Street» et de «Mara Salvatrucha (MS-13)» veulent prétendument se réconcilier avec la société hondurienne, le prélat précise qu’une trêve n’est pas à l’ordre du jour.

La déclaration de principe exprimée le 28 mai dernier par des leaders des deux gangs depuis leur prison avait suscité l’espoir d’une trêve. Les chefs de bandes ont émis le désir de se réconcilier avec la société et les autorités, tout en demandant que le gouvernement leur fournisse un emploi. L’évêque auxiliaire de San Pedro Sula a par la suite démenti la signature d’un accord entérinant ces intentions.

Ils ne veulent pas voir souffrir leurs enfants

«L’établissement d’une trêve entre les deux gangs a échoué», a précisé Mgr Emiliani. «Ils sont malheureusement toujours en guerre…tout ce qu’il y a eu c’est une déclaration de principe. Ils ont dit vouloir se réconcilier avec Dieu, la société, le gouvernement et la police», rapporte le 1er juin 2013 le quotidien hondurien «La Tribuna».

Selon le prélat, la négociation prendra encore du temps. «Nous allons connaître des échecs, nous devons y être préparés», a-t-il averti.

Mgr Emiliani cherche principalement à faire prendre conscience aux chefs de gangs qu’ils sont sur un chemin menant à la prison ou à la mort. «Je leur explique qu’ils doivent réaliser un changement pour eux-mêmes et pour leurs enfants». C’est un argument qui les touche, affirme le prélat, car «ils ne veulent pas voir souffrir leurs enfants comme eux ont souffert».

Pari réussi au Salvador

Les activités du «18th Street» et du «MS-13» ont largement contribué à faire du taux d’homicide du Honduras l’un des plus élevé au monde.

Un accord du même genre, signé il y a 14 mois par les mêmes gangs au Salvador voisin, a fait baisser le taux d’homicide dans le pays de 52%. Trois meurtres sont commis par jour, en moyenne, à San Pedro Sula, faisant de la cité hondurienne la plus violente au monde. (apic/cathherald/rz)

3 juin 2013 | 11:17
par webmaster@kath.ch
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