Vaud : Les socialistes chrétiens romands cherchent l’avenir du socialisme en Amérique latine

«Une dynamique bonne contre toutes les scléroses»

Yverdon-les-Bains, 6 février 2011 (Apic) «Le nouveau socialisme viendra-t-il d’Amérique latine ?» s’est interrogé l’assistance de la Journée de la Fédération romande des socialistes chrétiens, le 5 février, à Yverdon-les-Bains. Alors que les expériences socialistes européennes des dernières années ne sont «guère convaincantes», les membres de la Fédération ont choisi d’aller chercher par delà l’océan Atlantique de quoi nourrir «leur rêve».

«Va-t-en vite par les places et les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux.» La journée commence par une méditation. Après avoir lu la parabole des invités, Manuel Quintero, journaliste cubain et coordinateur international au Conseil œcuménique des Eglises (COE) annonce : «L’invitation au Royaume de Dieu est universelle. Entrer dans le Royaume de Dieu, c’est comme assister à une grande fête, un banquet où l’ordre social est différent et qui surpasse les barrières distinguant, séparant et divisant les êtres humains.»

Un message cher au coeur de l’assistance, réunie ce samedi 5 février au café du Tempos, à Yverdon-les-Bains. Une quarantaine de personnes a répondu à l’appel de la Fédération romande des socialistes chrétiens et, en cette journée de réflexion et d’échange, s’interroge: «Le nouveau socialisme viendra-t-il d’Amérique latine?»

Mais l’Amérique latine, c’est un imbroglio de situations complexes et de paysages hétérogènes, de la gauche «carnivore» à la gauche «végétarienne», de Chavez à Lula. Tant et si bien que Guillermo Kerber, théologien uruguayen et responsable du programme du COE sur le changement climatique, avoue: «Est-ce que le nouveau socialisme viendra d’Amérique latine? Je ne sais pas.» Mais d’ajouter aussitôt: «Je sais seulement que cette région bouge au rythme de la salsa, la samba et la bossa et que cette dynamique est bonne contre tous les risques de sclérose.»

Si pour un auditeur, les présentations de la journée constituaient une «douche froide», les orateurs – Guillermo Kerber mais aussi Miriam Fridman Wenger, psychologue argentine, Liza Sant’Ana Lima, avocate brésilienne, et Théo Buss, théologien suisse – ont souligné des expériences intéressantes : la Bolsa Familia au Brésil, la nationalisation des hydrocarbures en Bolivie et la décision de ne pas exploiter les gisements pétroliers en Equateur. Alors que l’assemblée ignore si l’Amérique latine va vers le socialisme, elle s’accorde à dire que la région va de l’avant et que cette évolution contente une bonne partie de la population.

Deux nouveaux membres au comité

Après de vivants échanges d’idées vient le temps de l’assemblée générale des socialistes chrétiens romands. Ceux qui se disent «socialistes parce que chrétiens» ne sont alors plus qu’une poignée, une réunion d’anciens qui accueille deux jeunes adhérents : Dimitri Andronicos et Vincent Léchaire. Et alors que Georges Nydegger, le président de la Fédération, remarque de deux nouveaux membres au comité, c’est presque deux de trop (le comité compte jusqu’alors 9 membres, maximum prévu par les statuts), Jean-François Martin, le secrétaire, s’exclame : «Si on a onze membres, on ne va pas mourir !». Si la question de la relève est pressante, avec une moyenne d’âge qui augmente au fur et à mesure que le socialisme, comme le christianisme, passe de mode, les socialistes chrétiens romands gardent l’espoir que d’autres bientôt, viendront partager leur rêve. (apic/amc)

Encadré :

La Fédération romande des socialistes chrétiens

C’est en 1908 qu’est créée en France l’Union des Socialistes Chrétiens, qui publie dès lors «L’Espoir du Monde». Quelques Suisses romands y adhèrent dès l’origine et constituent des groupes, dès 1910, dans le Jura bernois et dans les cantons de Neuchâtel, Vaud et Genève. Ils se réunissent en 1914 au sein de la Fédération romande des socialistes chrétiens (FRSC).

Après 1945, les groupes locaux disparaissent peu à peu, celui de Lausanne constituant dès lors un Comité romand qui assure la survie de la FRSC en contribuant à la parution de «l’Espoir du Monde» et en organisant une journée annuelle de réflexion. A la suite de l’extinction du mouvement français, «L’Espoir du Monde» devient en 1986 l’organe de la seule FRSC.

Actuellement, la FRSC compte quelque 300 abonnés à «L’Espoir du Monde». Des vaudois, neuchâtelois et genevois constituent le comité, qui ne compte aucune femme au grand regret de ses membres. La Fédération, qui abrite des tendances diverses, désire s’ouvrir un peu plus sur l’extérieur. Le 5 février, la FRSC a par exemple décidé d’adhérer à la Ligue internationale des socialistes religieux (ILRS). (apic/FRSC/amc)

6 février 2011 | 18:26
par webmaster@kath.ch
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