Une émission de la TV alémanique provoque des remous
Suisse: Des paroles «scabreuses» enregistrées dans les mosquées
Zurich, 7 avril 2010 (Apic) Un documentaire de la TV Suisse alémanique (SF) sur des prédications dans cinq mosquées de langue arabe provoque des remous. Dans trois d’entre elles, des paroles révélant une «idéologie scabreuse» ont été prononcées, écrit SF en commentant son émission. A Bâle, l’UDC a annoncé le 6 avril son intention de déposer plainte contre un imam. Ce dernier s’estime mal compris et rejette les accusations.
La Télévision Suisse alémanique a visité 5 mosquées, enregistré les prédications du vendredi et les a faites traduire. Il apparaît qu’à Genève, un imam a dénoncé la décadence de l’Occident. A Bienne, l’orateur a comparé la situation actuelle des musulmans en Suisse avec celle de ceux de Palestine, d’Irak et d’Afghanistan. A Bâle, l’imam aurait décrit les non musulmans comme «inférieurs à un animal croyant».
«Dans cette société, on insulte les gens avec des habits islamiques qui cachent la sensualité», a affirmé, selon la TV, l’imam marocain Youssef Ibram, de la mosquée de l’ambassade d’Arabie saoudite à Genève, lors de la prière du vendredi pour les diplomates. L’habillement léger et la tendance à toujours davantage se dévêtir sont perçus comme une expression des Lumières et de la civilisation, a déploré le prédicateur. «Mais si tu ne baisses pas le regard, tu es un adepte de Satan», a-t-il expliqué. Youssef Ibram avait dû quitter la mosquée Zayed de Zürich, après avoir justifié la lapidation comme faisant partie de l’ordre juridique islamique, la charia. Plus tard, il devait préciser que la charia ne s’appliquait pas à la Suisse.
L’imam de la mosquée Rahman à Bienne a prononcé ces paroles, selon la TV alémanique: «Il y a quelques années, nous autres musulmans croyions vivre en paix et en sécurité en Europe et en Amérique. Il ne nous arriverait pas ce qui arrive en Palestine, en Irak et en Afghanistan. Mais maintenant nous autres musulmans en Suisse sommes victimes d’une campagne de haine».
L’humanité plus basse que le monde animal
A la mosquée Ar-Rahma à Bâle, l’imam Ridha Ammari a affirmé: «Si elle ne reconnaît pas le message de Mohammed, l’humanité entière est sur le mauvais chemin. Elle est plus basse qu’un animal. L’être humain qui ne reconnaît pas volontairement Allah est inférieur à l’animal croyant».
L’imam de Bâle diffuse «des pensées racistes», estime Alexander Gröflin, président des jeunes UDC de Bâle-Ville. C’est la raison pour laquelle son parti va déposer plainte contre ce Tunisien, qui vit depuis 20 ans en Suisse avec sa famille.
L’imam Ridha Ammari a confirmé dans le journal de boulevard «Blick» qu’il a tenu cette prédication. Mais il affirme: «Ce n’est pas vrai que j’a traité les autres croyants de «inférieurs aux animaux». C’est tout simplement faux. C’était peut-être un malentendu. Je ne peux pas l’expliquer autrement».
En plus de l’imam Ammari, l’UDC veut aussi dénoncer le secrétaire de l’association Ar-Rhama, Aziz Osmanoglu. Dans l’émission, ce dernier a soutenu l’introduction de la charia en Suisse. Aziz Osmanoglu réagit en affirmant: «Ce film a tout cassé. SF a effectué des découpages en vue de faire apparaître nous autres musulmans comme des extrémistes». Il n’a jamais demandé l’introduction de la charia en Suisse.»Mais je suis de l’avis qu’il serait bon pour le peuple suisse que quelques articles de charia soient introduits. Comme l’interdiction de l’alcool. Il y a déjà trop d’alcooliques ici.»
La chaîne SF maintient avoir respecté les paroles des musulmans qui sont intervenus dans l’émission. Christoph Müller, responsable de la rédaction de l’émission DOK, a affirmé dans le «Blick» que «Aziz Osmanoglu a maintenu toutes ses affirmations. Cela signifie qu’il a pu voir toutes les parties du film où il intervenait avant que les enregistrements ne soient livrés la semaine dernière à la télévision. Il a tout vu et tout approuvé. Y compris les passages où il espèrait une introduction de la charia».
Le président du gouvernement bâlois, Guy Morin, a estimé le 7 avril au journal régional de la radio alémanique DRS que la plainte était légitime. Toute forme de discrimination au nom de la religion est fausse. (apic/ag/gs/bb)



