«Une étape vers l’effacement de toute distinction entre contraception et avortement»

Washington: Pilule du surlendemain dénoncée par une porte-parole des évêques américains

Washington, 18 août 2010 (Apic) La décision de la Food and Drug Administration (FDA), l’instance chargée aux Etats-Unis de veiller à ce que les produits alimentaires et pharmaceutiques destinés à être commercialisés soient sans danger pour les consommateurs, d’approuver la «pilule du surlendemain» étiquetée contraceptif d’urgence, a suscité une vive réaction de la part de l’Eglise catholique américaine.

«C’est une étape dangereuse vers l’effacement de toute distinction significative entre contraception et avortement», a déclaré la porte-parole du secrétariat pro-vie (pro-life) de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis (USCCB). Le médicament dénoncé sera disponible dès cet automne aux Etats-Unis.

L’ulipristal a obtenu son AMM européenne (autorisation de mise sur le marché) européenne sous le nom d’Ellaone, comprimés à 30 mg, dans l’indication contraception d’urgence dans les 120 heures (5 jours) suivant un rapport sexuel non protégé ou en cas d’échec d’une méthode contraceptive.

Deirdre A. McQuade, directrice adjointe pour la politique et la communication du secrétariat pro-vie de l’USCCB, a fait ce commentaire en réaction à l’approbation par la FDA de la commercialisation du médicament ellaOne (ou Ella) contenant le principe actif ulipristal acétate. Disponible uniquement sur ordonnance, cette pilule du surlendemain est indiquée pour prévenir une grossesse cinq jours après une relation sexuelle, soit deux jours de plus que la pilule du lendemain vendue aux femmes de 17 ans et plus. Le médicament, fabriqué par une entreprise pharmaceutique française, est actuellement disponible dans 22 pays européens.

Réactions contrastées

L’ellaOne a suscité les critiques des groupes opposés à l’avortement, qui estiment qu’il s’apparente davantage à une pilule abortive qu’à un contraceptif d’urgence. De son côté, Deirdre McQuade a déclaré le 16 août à l’agence de presse catholique américaine «Catholic News Service» que la FDA «a rendu un très mauvais service à la fois aux femmes et à leurs enfants à naître…». La porte-parole a appelé ellaOne «une drogue dangereuse qui est en train d’être commercialisée en tant que contraception dite d’urgence». Par contre, les groupes qui défendent le droit à l’avortement aux Etats-Unis ont salué l’approbation d’ellaOne par la FDA et affirment que c’est une option nécessaire pour les femmes voulant prévenir une grossesse non désirée. (apic/cns/fb)

18 août 2010 | 17:18
par webmaster@kath.ch
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