Zurich: Graves troubles psychologiques chez les participants à un suicide assisté

Une étude révèle la nocivité psychique de l’accompagnement au suicide

Zurich, 4 octobre 2012 (Apic) Les personnes présentes lors du suicide assisté d’un proche endossent une charge émotionnelle massive et développent souvent des troubles psychiques. Un participant sur cinq souffre encore une année après les faits d’un «état de stress post-traumatique». C’est la conclusion d’une étude menée par l’Université de Zurich, citée dans le quotidien zurichois «Tages Anzeiger» du 4 octobre 2012.

L’étude a été réalisée auprès d’un panel de 85 personnes présentes lors du suicide d’un parent ou d’un ami organisé par l’association Exit. Ces personnes se sont déclarées particulièrement stressées par l’enquête de police chargée de déterminer les circonstances de la mort de leur proche et par les réserves sur la décision du suicide qu’elles ont pu entendre.

Un quart des personnes en thérapie

Birgit Wagner, la directrice d’étude, qui enseigne maintenant à l’Université de Leipzig, en Allemagne, souligne que chez les personnes qui ont accompagné leur proche dans le suicide, l’apparition de troubles psychiques est «beaucoup plus probable» que dans le reste de la population. «Les personnes accompagnantes devraient au préalable savoir qu’environ un quart des personnes qui ont assisté à un suicide développent une maladie psychique qui demande un traitement.»

Les résultats de l’étude publiée dans la revue scientifique «European Psychiatry» montrent que 20% de ces personnes présentent un «état de stress post-traumatique», dont pour les deux tiers les symptômes se sont entièrement développés.16% des personnes étudiées souffrent en outre d’une dépression.

Objet d’un projet de recherche national

Le théologien et éthicien de l’Université de Fribourg Markus Zimmermann n’est pas surpris par les résultats. Il dirige le Programme national de recherche PNR 67 sur la fin de vie, lancé le 3 octobre par le Fonds national suisse. Le théologien sait de par une expérience de vingt ans que les personnes qui ont participé à un suicide assisté traînent ce fardeau psychologique toute leur vie. Ces gens doivent s’y confronter, mais certains ne parviennent pas à faire face à ce processus, souligne Markus Zimmermann.

Le suicide assisté sera un des thèmes du programme de recherche. Deux projets parmi la trentaine de prévus y seront consacrés. Le PNR 67 se déploiera sur une période de cinq ans et coûtera 15 millions de francs. (apic/ag/job/rz)

4 octobre 2012 | 11:20
par webmaster@kath.ch
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