Une expérience traumatisante qui change la vie
Rome: Mgr Scicluna demande aux évêques de rencontrer des victimes pour réellement comprendre le «drame de la pédophilie»
Rome, 1er juillet 2011 (Apic) Le promoteur de justice de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), chargé d’examiner les cas d’actes sexuels sur des mineurs par le clergé, a encouragé les évêques à vivre «l’expérience traumatisante» d’une rencontre avec des victimes pour réellement comprendre le «drame de la pédophilie». Dans une interview publiée le 1er juillet 2011 par le site Internet «Vatican Insider», Mgr Charles Scicluna a également salué le courage de Benoît XVI, en tant que pape et préfet de la CDF, dans la lutte contre la pédophilie.
Selon Mgr Scicluna, «procureur» à la CDF, le changement de mentalité demandé par Benoît XVI au clergé n’est possible que pour ceux qui ont le courage de rencontrer les victimes de pédophilie, de les accueillir et d’écouter leurs récits. «Si on ne le fait pas, on peut avoir tout lu, être très préparé, mais on ne parviendra pas à comprendre véritablement le drame engendré par ces terribles péchés».
C’est précisément pour cette raison, qu’il a été demandé aux évêques qui participeront au symposium, organisé sur ce thème en février 2012 à Rome, d’avoir rencontré d’ici là les victimes de prêtres pédophiles dans leur pays. «Ce type de rencontre est une expérience traumatisante, qui change la vie, comme cela s’est produit pour moi», a déclaré Mgr Scicluna.
Le prélat maltais a appelé à «être proche des victimes, considérées pendant trop longtemps comme des ennemis de la bonne réputation de l’Eglise, et non comme des personnes blessées dans leur âme».
Le rôle fondamental de Benoît XVI
Mgr Scicluna a aussi rendu hommage au rôle fondamental de Benoît XVI dans la lutte contre la pédophilie au sein du clergé. Il considère que le pape a eu le courage de dire: «Ici nous nous sommes trompés, ici nous devons changer».
Selon lui, les «souillures dans l’Eglise», dont parlait le cardinal Ratzinger dans ses méditations du Chemin de croix du Vendredi saint 25 mars 2005, faisaient référence aux actes de pédophilie que la CDF étudiait depuis 3 ans. Le dicastère, dirigé à cette époque par le futur pape, était alors «conscient de la nécessité de regarder en face les péchés du clergé». (apic/imedia/cp/nd)



