Une exposition au Latran honore les martyrs orthodoxes russes du 20e siècle

Une exposition dédiée aux martyrs de l’Eglise orthodoxe de Russie au 20e siècle a été inaugurée le 30 mai 2018 dans le Palais apostolique du Latran Le concept «si noble» du martyre est perverti par le fondamentalisme islamique, a déploré à cette occasion le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical pour la culture.

Organisée dans l’ancienne résidence des papes, cette exposition est organisée par le patriarcat orthodoxe de Moscou et a été présentée dans différentes villes de Russie. Si elle est essentiellement dédiée aux victimes orthodoxes de l’URSS, un panneau est aussi consacré aux catholiques.

Commémorer les martyrs est important pour le dialogue interreligieux, a estimé le cardinal Ravasi, car le fondamentalisme islamique a «perverti le concept si noble du martyre». Les responsables religieux doivent donc rappeler que «la violence au nom de Dieu est un blasphème et que ce prétendu martyre est un assassinat». Le véritable martyre, lui, «diffuse le bien et devient principe de conversion».

Cette exposition au Latran, dans le palais attenant à la cathédrale du pape, au cœur du catholicisme, est un «pont» particulièrement important entre orthodoxes et catholiques, a poursuivi le cardinal milanais. Reprenant les mots du pape François «d’œcuménisme du sang», il a relevé que le martyre «unissait les deux Eglises».

Lénine voulait tuer le plus grand nombre de prêtres

Le métropolite Tikhon, président du Conseil patriarcal de Moscou pour la culture et père spirituel de Vladimir Poutine, a estimé que les martyrs russes du 20e étaient «compatriotes en esprit» des martyrs romains des premiers siècles. Ces hommes et ces femmes ont montré que rien n’était plus important que leur foi, a-t-il salué, pas même leur vie.

Interactive et présentée à l’aide des dernières technologies, cette exposition retrace les atrocités commises contre les croyants en Russie après la révolution de 1917. «Plus nous réussirons à tuer de prêtres (…) mieux ce sera», écrivait ainsi Lénine en 1922.

Les chiffres de cette persécution sont éloquents. A la veille de la révolution, le pays comptait 953 monastères, en 1937 tous avaient fermé. Les évêques orthodoxes étaient 139 en 1914 contre seulement quatre en 1937. Quant au clergé paroissial, il est passé de près de 69’000 prêtres à environ 200. (cath.ch/imedia/xln/mp)

31 mai 2018 | 10:56
par Maurice Page
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