Moyen-Orient: Des voix musulmanes s’élèvent à Rome en faveur du dialogue
Une fatwa pour protéger les chrétiens en terre musulmane
Rome, 8 février 2011 (Apic) Mohammed Sammak, libanais musulman sunnite, a été invité par l’ancien premier ministre libanais Saad Hariri à réfléchir à une fatwa protégeant les chrétiens en terre musulmane. Signe encourageant pour poursuivre un dialogue difficile, lit-on dans le quotidien français «La Croix», du 7 février 2011.
Riche de ses expériences comme conseiller pour les affaires islamiques de deux premiers ministres du Liban, comme secrétaire général du Comité islamique permanent au Liban, et comme participant au récent Synode pour le Moyen-Orient en octobre 2010, Mohammed Sammak a confié, lors d’une visite à Rome, que Saad Hariri a été horrifié par l’attentat d’Alexandrie. Ce dernier l’a invité à réfléchir à une fatwa protégeant les chrétiens en terre musulmane.
«Blesser un chrétien équivaut à blesser un musulman»
Depuis trois semaines, le texte est prêt. «Il affirme que, selon la charia, blesser un chrétien équivaut à blesser un musulman. Et qu’attaquer une église revient à attaquer une mosquée», a-t-il expliqué.
Le texte a été soumis à de nombreux responsables islamiques «en Egypte, en Arabie saoudite, en Jordanie, en Palestine, en Syrie». Toutefois, il n’a pas encore été promulgué. «A deux reprises, a confié Mohammed Sammak, en raison des événements, j’ai dû annuler mon voyage au Caire, où les autorités d’Al-Azhar devaient donner leur accord». Au sujet de l’annonce d’Al-Azhar de rompre le dialogue avec le Saint-Siège, son analyse est la suivante: «C’est un malentendu, résultant d’une tension interne à l’Egypte, où le pouvoir, qui avait des difficultés à gérer les suites de l’attentat d’Alexandrie, a voulu se défendre contre de supposées ingérences étrangères».
Appel à réformer l’islam de l’intérieur
L’initiative d’une fatwa est sans doute à rapprocher du texte mis en ligne par des intellectuels gravitant autour de l’Université Al-Azhar, et appelant à une véritable réforme musulmane, a écrit le journaliste de «La Croix». Parmi les pistes proposées, il y a le réexamen des hadith (les paroles attribuées au prophète Mohammed et des commentaires coraniques); la révision de certains termes du vocabulaire politico-religieux islamique, comme la Gizyah qui régit les droits et devoirs des dhimmis (non-musulmans); revoir le concept de mixité entre les sexes; penser à une rénovation du droit du mariage; préciser le concept de djihad…
Demeure le problème des textes sacrés. Car, a expliqué Mohammed Samma, «Pour nous, ils sont sacrés, permanents et absolus. Pour autant, leur interprétation doit pouvoir être relative. Nous devons encourager les intellectuels musulmans à ne pas être esclaves des interprétations antérieures». (apic/la croix/fm/ggc)



