Cameroun: Le président ordonne la fermeture de 100 églises pentecôtistes à travers le pays
Une fillette de 9 ans décède lors d’une séance d’exorcisme
Yaoundé/Dakar, 17 août 2013 (Apic) Le président du Cameroun, Paul Biya, a ordonné le 14 août 2013 la fermeture de près de 100 églises pentecôtistes dans les principales villes du pays. Le chef d’Etat africain a invoqué «des pratiques criminelles» menaçant la sécurité nationale. Dernièrement une fillette de 9 ans est décédée lors d’une séance d’exorcisme pratiqué dans une de ses églises.
Le Cameroun compte quelque 500 églises pentecôtistes dont une cinquantaine seulement sont légales. L’armée a été chargée de fermer définitivement les établissements illicites à Yaoundé, la capitale, Douala, la capitale économique, et à Bamenda, chef lieu de la région du Nord-Ouest, ainsi que dans cinq autres régions.
Selon le gouverneur du Nord-Ouest, Adolphe Lele, certains pentecôtistes de Bamenda transforment leurs domiciles en églises. La police a découvert, il y a quelques jours, 30 enfants de moins de 18 ans enlevés par un pasteur de Bamenda, sous prétexte qu’il voulait les retirer d’une «mauvaise société».
Des jeunes à la recherche de «miracles»
«Nous allons nous débarrasser de tous les soi-disant pasteurs pentecôtistes qui abusent du nom de Jésus-Christ, réalisent de faux miracles et tuent des citoyens dans leurs églises», a déclaré Mbu Anthony Lang, un fonctionnaire du gouvernement de Bamenda, à la chaîne de télévision américaine CNN. Selon les autorités de la ville, certains pasteurs réussissent à convaincre leurs fidèles de stopper leur traitement médical. Le 11 août dernier, une fillette de 9 ans est décédée au cours d’une séance d’exorcisme dans une église pentecôtiste de Bamenda. La mère de la fillette a indiqué que tous ses enfants avaient abandonné l’Eglise catholique, et qu’ils avaient rejoint l’Eglise pentecôtiste en quête de «miracles, de signes et de prodiges».
Les pasteurs pentecôtistes ont rejeté en bloc les accusations, ainsi que la décision du président Biya. Boniface Tum, pasteur de l’Eglise de Dieu, à Yaoundé, a estimé que ce qui inquiétait surtout le chef de l’Etat, c’était «la liberté d’expression au sein de ces églises». (apic/ag/ibc/rz)



