Une fois de plus, «l’image de notre Eglise est blessée»
Genève: Mgr Farine intervient après le décès d’un prêtre diocésain accusé de pédophilie
Genève, 14 février 2011 (Apic) Mgr Pierre Farine, administrateur du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, a déclaré lundi 14 février dans un communiqué qu’une fois de plus «l’image de notre Eglise est blessée». Il prenait position suite au décès, vendredi 11 février 2011, de l’abbé A. N., un prêtre diocésain de 73 ans, accusé de pédophilie. Selon la presse dominicale, le prêtre de Carouge à la retraite, depuis 2009, s’est suicidé.
Dans son communiqué, Mgr Farine a invité les fidèles à resserrer les rangs et à ne pas perdre l’espérance. En sa qualité d’administrateur du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF), Mgr Pierre Farine a redit «à quel point les autorités diocésaines, l’abbé Giovanni Fognini, archiprêtre, et l’Equipe pastorale Carouge – Acacias sont attristés par le décès de l’abbé A. N.». Conformément aux dispositions testamentaires de l’abbé, les funérailles ont eu lieu dans la stricte intimité de la famille.
Une lumière crue est jetée sur l’Eglise
«Une fois de plus l’image de notre Eglise est blessée, écrit l’administrateur diocésain. Une fois de plus une lumière crue est jetée sur elle». A l’occasion de cette douloureuse actualité, il a invité les fidèles «à resserrer les rangs, à ne pas perdre l’espérance qui doit toujours nous guider. Nous savons que le Christ est à nos côtés.»
«Prudence dans nos jugements»
Mgr Farine a encouragé à ne pas tomber «dans le piège de céder, parfois trop hâtivement, à des jugements rapides, des critiques faciles concernant les prêtres, les victimes, les instances diocésaines».
«Le devoir de transparence que nous voulons et que le Saint-Siège et les évêques suisses nous demandent, poursuit-il, conduit nos démarches, toujours, de même que la charité fraternelle à l’égard de toutes les parties impliquées dans ces problèmes d’abus. Le droit étatique et le droit canonique nous y aident. Nous ne pouvons pas toujours tout vous dire, immédiatement, par respect de la sphère privée des personnes en cause. Cela peut nous être reproché. Mais c’est le prix de la recherche de la vérité et des règles à observer.»
Traiter respectueusement les plaintes d’abus sexuel
La procédure mise en place par le diocèse en 2008, avec, entre autre, la création de la Commission «SOS Prévention» résulte d’une volonté claire de l’Eglise de traiter les plaintes d’abus sexuel de la plus respectueuse des manières, a rappelé Mgr Farine. La Commission «SOS Prévention» prévoit, au-delà d’un soutien pour les démarches administratives qui peuvent aboutir à une dénonciation au ministère public, un soutien psychologique tant pour les victimes que pour les prêtres soupçonnés.
Cette politique de transparence décidée en 2008 par le diocèse implique donc que chaque cas d’abus sexuel soit traité selon le schéma ci-dessus. «C’est ce qui a été fait dans les cas présents. Quant à la communication, celle-ci obéit également à une réglementation décidée en 2008». Rappel est fait de la présomption d’innocence du prêtre et du soutien offert aux victimes présumées. Selon cette procédure, le prêtre concerné est déchargé de tout ministère le temps de l’enquête. La procédure diocésaine prévoit, qu’avant la diffusion d’un communiqué, les victimes et les prêtres dénoncés soient informés de la démarche médiatique, lit-on encore dans le communiqué.
Mgr Farine conclut son message en invitant à rester unis et à garder confiance. «Comme le disait notre pape Benoît XVI, la barque de Pierre est chahutée, mais le Christ veille et nous tient tous en son amour.»
Cas transmis à la justice pénale
L’un des deux prêtres accusés d’abus sexuels, dont le cas avait été rendu public par l’évêché de LGF le 9 février, a été retrouvé sans vie à son domicile genevois. Son dossier avait été transmis à la justice pénale. (apic/com/be/ggc)



