Vietnam: Peine de 30 mois de prison confirmée contre l’avocat Lê Quôc Quân

Une foule de manifestants maintenue à distance

Hanoi, 19 février 2014 (Apic) Le 18 février, un peu plus de trois heures auront suffi au Tribunal populaire suprême de Hanoi pour boucler le procès en appel de l’avocat catholique dissident Lê Quôc Quân. La peine de 30 mois de prison a été confirmée. Affaibli par une grève de la faim, l’avocat s’est évanoui avant l’énoncé du jugement, indique l’agence Eglises d’Asie.

L’accusé était à son 17e jour de grève de la faim, entreprise en vue de pouvoir lire la Bible, consulter ses livres de droit et rencontrer un prêtre catholique. L’accusation retenue contre lui était la même que lors du procès de première instance. Aucune allusion n’a été faite à son passé de militant social et de partisan de la démocratie, le seul vrai motif de son arrestation. Il comparaissait devant ses juges pour une prétendue fraude fiscale, souligne Eglises d’Asie.

Le matin de bonne heure, des centaines de personnes venant de tout le territoire du Vietnam, s’étaient déjà rassemblées près du tribunal pour soutenir l’avocat catholique. Dans une lettre ouverte envoyée la veille de son procès, l’avocat dissident avait souhaité le soutien de ses compatriotes, «un soutien, avait-il écrit, qui serait décisif pour la victoire de la liberté et de la justice».

Les manifestants dénoncent un procès illégal

Des fidèles de Thai Ha, la paroisse rédemptoriste de Hanoi, avaient circulé en longue file dans les rues de la capitale avant que les forces de l’ordre ne les retiennent à 200 mètres du tribunal, avec beaucoup d’autres manifestants. Parmi eux se trouvaient de nombreuses personnes spoliées de leurs biens par réquisition gouvernementale ainsi que beaucoup de catholiques venus du diocèse de Vinh. Nombreux étaient ceux qui portaient un T-shirt blanc avec une photo de l’avocat et l’inscription: «Liberté pour Lê Quôc Quân». Des slogans ont été scandés pendant tout le temps du procès: «Liberté pour les patriotes!» ou encore: «Nous dénonçons un procès illégal!»

En milieu de matinée, la mère de l’avocat sortait du tribunal et annonçait que son fils venait de tomber évanoui en pleine salle d’audience. La foule a alors rompu les barrages de la police et s’est rapprochée du tribunal. Les forces de sécurité ont repoussé les manifestants avec brutalité en les frappant sans ménagement, rapporte Eglises d’Asie.

Durant toute la matinée, la foule venue apporter son soutien à l’avocat n’a cessé de grossir. Il y avait environ un millier de personnes présentes à 11 heures du matin. Par ailleurs, de nouveaux effectifs avaient été mobilisés pour renforcer les forces de l’ordre. (apic/eda/bb)

19 février 2014 | 09:27
par webmaster@kath.ch
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