Une histoire de gros sous
New York: Avenir indécis pour l’église orthodoxe détruite à «Ground Zero»
New York, l2 septembre 2010 (Apic) Lors des attentats du 11 septembre 2001, dont on a commémoré samedi le triste anniversaire, la petite église orthodoxe grecque Saint-Nicolas a disparu sous les décombres des tours du World Trade Center. Tout ce qui reste d’elle, ce sont quelques chandelles, deux icônes et un battant de cloche.
Ces artefacts sont conservés au siège de l’archidiocèse orthodoxe grec d’Amérique, tandis que les 70 familles membres de l’église vont désormais dans une cathédrale de Brooklyn, où ils prient pour pouvoir avoir de nouveau un lieu de culte dans le lower Manhattan, indique l’agence Religion News Service (RNS), cité par ENI.
«Tout va incroyablement lentement, et tout cela est extrêmement frustrant, mais jusqu’au printemps 2009, tout à Ground Zero allait très lentement, pas seulement pour nous», a expliqué John Couloucoundis, président du conseil paroissial de Saint-Nicolas. «Le robinet coulait lentement, mais il coulait. Puis, l’année dernière, l’eau a été carrément coupée.»
Les travaux du mémorial du 11-septembre et de plusieurs importants bâtiments prévus sur le site ont commencé et devraient se terminer entre 2011 et 2014. L’église Saint-Nicolas semble toutefois être tombée dans l’oubli.
Les négociations avec l’autorité portuaire de New York et du New Jersey en vue d’un échange de parcelles et d’un financement public sont dans l’impasse depuis plus d’un an. Ce n’est que maintenant que cette situation est sous le feu des projecteurs, suite aux vives protestations contre Park51, un projet de centre communautaire islamique à quelques rues de là, que ses détracteurs nomment «la mosquée de Ground Zero».
«Saint-Nicolas n’a rien à voir avec cette controverse sur la mosquée. Nous croyons à la liberté religieuse et c’est une tout autre question que celle de savoir si la mosquée doit être là ou pas», a déclaré le Père Mark Arey, porte-parole de l’archidiocèse orthodoxe. «On dit que la mosquée a reçu le feu vert des autorités, alors pourquoi pas cette église?»
Tout le processus de reconstruction de «Ground Zero» – le site où se trouvaient les tours du World Trade Center jusqu’au 11 septembre 2001 – a pris un retard de plusieurs années, en raison notamment des opérations de secours et du nettoyage des décombres, auxquels ont succédé des procédures bureaucratiques visant à déterminer les droits de propriété sur le site et à dessiner les plans du mémorial et des immeubles.
Fin 2008, Saint-Nicolas et l’autorité portuaire étaient parvenus à un accord provisoire qui prévoyait que l’église abandonne son site actuel en échange d’un autre, plus grand, à une rue de là. Six mois plus tard, cette même autorité portuaire indiquait que les négociations avaient échoué parce que Saint-Nicolas demandait trop d’argent, ainsi que le droit de donner son accord à la construction d’un centre pour la sécurité du trafic sous les sites.
«En 2009, nous avons présenté notre dernière offre, qui prévoyait jusqu’à 60 millions de dollars de subventions publiques, et avons dit à l’église orthodoxe Saint-Nicolas que le World Trade Center ne pouvait pas prendre de retard à cause de cette question», a indiqué Stephen Sigmund, porte-parole de l’autorité portuaire, dans un communiqué. «L’église a refusé l’offre».
Le Père Arey a quant à lui affirmé que les négociations en étaient à leur stade final et que l’église «agissait en toute bonne foi», lorsque l’Autorité portuaire a soudainement cessé de donner suite aux appels. Lui et d’autres responsables de l’église pensent que l’Autorité a changé d’avis à cause d’interrogations sur le sort réservé à un autre bâtiment à proximité du nouveau site. «Peut-être voulaient-ils d’abord savoir ce qu’ils pouvaient faire d’autre avec ce bâtiment», a déclaré John Couloucoundis. «Officiellement, l’église était trop exigeante. C’est absolument ridicule. Nous ne demandions pas d’un seul coup 100 millions de dollars ou la possibilité de construire une église de 30 étages». (apic/eni/pr)



