Rome : Le journal du Vatican évoque le côté obscur de Donald, pour son 80e anniversaire

Une icône du relativisme absolu

Rome, 11 juin 2014 (Apic) Alors que Donald Duck, le célèbre personnage de Disney, vient de fêter ses 80 ans, L’Osservatore Romano, dans son édition du 11 juin 2014, offre une lecture sombre du sympathique canard, évoquant notamment «l’ombre inquiétante» qui entoure sa figure. Pour le ›quotidien du Vatican’, Donald symbolise ainsi l’esprit du temps, en incarnant le relativisme absolu.

En se moquant de ce canard «humilié et offensé, criblé de dettes», les lecteurs compatissent avec eux-mêmes, analyse ainsi l’auteur de l’article, Dario Fertilio, pointant du doigt la «tendance superstitieuse à chercher ailleurs, dans le hasard ou dans la malchance», la «cause de nos contretemps et de nos échecs».

Et pourtant, poursuit le journaliste et romancier italien, une «ombre obscure» entoure ce personnage. Tout d’abord, il y a sa relation ambiguë et masochiste avec son oncle Piscou, l’avare qui prend son bain dans un océan de dollars. A ses yeux, cette relation de dévotion – aversion est la même qui existait entre le scénariste de Donald Duck, Carl Barks, et le ›père’ de Mickey, Walt Disney.

Le syndrome de Donald

«Cette ombre inquiétante se prolonge», affirme encore cette plume occasionnelle de L’Osservatore Romano, «dans la relation de dépendance et de renversement des rôles avec ses neveux», Riri, Fifi et Loulou. «Ils rêvent les choses en grand alors que l’oncle se perd dans de bas calculs utilitaires, poursuit-il, ils ont une foi naturelle en l’au-delà qui éclipse la superstition ›adulte’ mais en réalité régressive du soi-disant chef de famille».

Le journaliste critique ainsi la «pensée magique» qui anime Donald, pour qui, selon nombre de lectures de psychanalystes sur le sujet, «rêver est plus gratifiant qu’agir». En poussant jusqu’au bout le raisonnement, poursuit Dario Fertilio, on arrive à la théorie du «syndrome de Donald» : «se faire du mal, se couper volontairement les ailes par peur de blesser quelqu’un d’autre, aller au devant de la douleur et de l’échec».

«Mais il y a un point où l’ombre qui entoure le personnage tend à devenir encore plus épaisse», insiste Dario Fertilio. Et d’expliquer : Donald Duck s’oppose à son destin et prépare sa ruine sans le savoir. C’est pour cela, souligne encore le journaliste, que «ses aventures sont si terriblement humaines» et «n’acceptent généralement pas la dimension du mystère». (apic/imedia/mm/mp)

11 juin 2014 | 17:20
par webmaster@kath.ch
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