Rome : Le pape François rencontrera les familles des victimes de la mafia

Une Journée annuelle de la mémoire est organisée chaque année en Italie par la Fondation Libera

Rome, 16 mars 2014 (Apic) Le pape François participera le 21 mars 2014 en fin d’après-midi, à Rome, à une rencontre de la fondation antimafia italienne Libera, a annoncé le Bureau de presse Saint-Siège 6 jours plus tôt. Quelque 700 proches de victimes de la mafia devraient participer à cette veillée de prière dans l’église Saint-Grégoire-VII, non loin du Vatican.

C’est au soir d’une journée nationale «à la mémoire des victimes innocentes de la mafia» que le pape présidera à 17h30 une veillée de prière dans l’église située à quelques centaines de mètres du Vatican. Depuis 1996, le 21 mars, premier jour du printemps, l’association Libera fondée par le père Luigi Ciotti organise une «Journée de la mémoire et de l’engagement» en Italie.

Après avoir fondé une association d’aide aux toxicomanes, Don Luigi Ciotti s’est attaqué au crime organisé et à la corruption. En 1995, après les attentats mafieux ayant entraîné la mort des juges Falcone et Borsellino, il a monté Libera, organisme qui coordonne aujourd’hui plus de 1300 associations, acteurs locaux, écoles ou groupes engagés dans la lutte contre la mafia, la corruption, l’usure, etc. Avec Libera, le père Ciotti s’est particulièrement mobilisé pour l’utilisation sociale – dans l’agriculture entre autres – des biens confisqués à la mafia.

De nombreuses condamnations

Comme ses prédécesseurs, le pape François s’est déjà élevé contre les pratiques mafieuses. Lors de l’Angélus du 26 mai 2013, au lendemain de la béatification du père Giuseppe Puglisi, tué par la mafia, le pape François s’en était ainsi violemment pris au crime organisé, responsable de la douleur d’hommes, de femmes et d’enfants «exploités par de nombreuses mafias» et rendus «esclaves par la prostitution, par tant de pressions sociales». «Prions pour que ces mafieux se convertissent à Dieu», avait alors lancé le pape.

Plus récemment, lors de l’Angélus du 26 janvier, le pape François avait évoqué la mafia en condamnant fermement le meurtre du petit Coco, 3 ans, survenu quelques jours auparavant dans le cadre d’une affaire de trafic de drogue en Calabre. 3 jours plus tard, à l’audience générale, il avait notamment dénoncé la «plaie sociale» de l’usure, une technique particulièrement utilisée par la mafia dans le Sud de la péninsule italienne.

Deux mois plus tôt, en novembre 2013, le procureur adjoint de la ville de Reggio de Calabre, Nicola Gratteri, avait assuré dans la presse que le nettoyage dans les finances du Vatican voulu par le pape François inquiétait la mafia. «Je ne sais pas si le crime organisé a la capacité de faire quelque chose, mais ils y réfléchissent certainement», poursuivait-il. Le Saint-Siège avait réagi en assurant n’être nullement inquiet pour la sécurité du pape.

Avant le pape François, plusieurs pontifes se sont élevés contre la mafia. Au terme de sa visite en Sicile, le 3 octobre 2010, Benoît XVI avait tenu à rendre un hommage au juge Giovanni Falcone, assassiné par la mafia en mai 1992. Avant de quitter la région de Palerme, il s’était ainsi arrêté sur les lieux de l’assassinat du juge antimafia afin de prier pour «toutes les victimes de la mafia». Un peu plus tôt, il avait exhorté les jeunes Siciliens à ne pas céder «aux sollicitations de la mafia, qui est une voie vers la mort», les invitant à «s’opposer au mal».

Jean-Paul II (1978-2005) avait tenu des propos tout aussi fermes contre la mafia. Lors du dernier de ses 5 déplacements en Sicile, en 1995, il avait ainsi lancé un appel vibrant contre la mafia. «Tu ne tueras pas !», avait-il lancé avec force, ajoutant qu’»aucun homme, aucune association humaine, aucune mafia ne peut changer ni fouler aux pieds le droit à la vie, ce droit très saint qui vient de Dieu». (apic/imedia/ami/cw)

16 mars 2014 | 11:40
par webmaster@kath.ch
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