Vatican

Une Journée mondiale missionnaire à l'exemple de Pauline Jaricot

Les chrétiens sont tous appelés à «prier avec ferveur» pour la mission de l’Église et à l’aider matériellement, a déclaré le Père Tadeusz Jan Nowak, le 16 octobre 2020 à Rome. Dans ce contexte de pandémie, le secrétaire général des Œuvres pontificales missionnaires (OPM) pour la Propagation de la Foi a appelé à s’appuyer sur la figure missionnaire de Pauline Jaricot, fondatrice des OPM, qui sera prochainement béatifiée.

Cette année est «spéciale» pour les OPM, a expliqué le Père Nowak: le 26 mai dernier, le pape François a approuvé la reconnaissance d’un miracle attribué à Pauline Jaricot, fondatrice de cette œuvre. Cette lyonnaise qui a désiré ardemment que l’Évangile rejoigne les «extrémités» de la Terre a créé les OPM à partir d’un «concept simple» : elle a commencé par inviter une dizaine de personnes à prier pour la mission de l’Église et à donner une pièce de monnaie par semaine à cette fin. Ce qui est arrivé ensuite «n’était rien de moins qu’un miracle», a poursuivi le prêtre.

«Pauline Jaricot était complètement dépendante à la providence de Dieu», a relevé le secrétaire des OPM. En ce temps de pandémie, les chrétiens sont «plus que jamais conscients» de cette dépendance. Le 18 octobre, à l’occasion de la Journée mondiale missionnaire, «nous sommes tous appelés, (…) quel que soit le pays où nous sommes, à prier avec ferveur pour la mission de l’Église» et à «faire ce que nous pouvons au niveau matériel pour le support de cette mission», a-t-il exhorté. En suivant l’exemple de Pauline Jaricot, il a souhaité que les catholiques s’unissent pour faire de cette journée un «succès».

L’argent est aussi une nécessité

Mgr Giampietro dal Tosco, président des OPM, a pour sa part mis en lumière un problème: avec l’avènement de la pandémie, bon nombre d’églises ont été privées de collecte. Ainsi, de nombreuses subventions de l’année 2020 ont été consacrées à aider les prêtres et les communautés religieuses dans leur quotidien. Que ce soit en aidant un monastère au Maroc ou encore des familles dans le besoin au Bangladesh, a-t-il illustré, les OPM permettent de mettre en lumière de »nombreuses réalités cachées». Le haut prélat a enfin rappelé que la question financière était également importante bien qu’elle ne soit pas la priorité des OPM: «l’argent est aussi une nécessité comme chaque âme a besoin d’un corps». 

Présents en marge de la conférence de presse, Marco Gibelli e Lucia Truttero, un couple membre de «Familles missionnaires kilomètre zéro» résidant dans une banlieue milanaise a témoigné de son expérience de missionnaire de proximité. Dans un quartier sensible, ils partagent »les joies, les soucis et le quotidien» de leurs voisins, pour la plupart d’origine étrangère. 

«Suivre Jésus comme missionnaire est aussi possible avec un travail et des enfants» car chacun est appelé sur ce chemin en vertu de son baptême, ont-ils expliqué. Si le Covid-19 a rendu difficile la proximité avec les plus pauvres, ils appellent «à ne pas rester chez eux entre quatre murs comme si le monde n’existait pas». 

La mission de l’Église ne s’arrête jamais

«Être missionnaire, c’est répondre à l’appel de son baptême», constate avec simplicité Sœur Anna Cambongo, missionnaire en Angola. Durant ces 19 années de consécration, cette religieuse s’est dédiée aux malades en tentant de percevoir le Christ en chaque personne souffrante. «En ce temps de pandémie, alors que les déplacement sont difficiles, notre première mission doit d’abord être celle de la prière, comme l’indiquait sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus», a enfin conseillé le Père Vignandas Gangula, missionnaire indien. 

Le thème de cette année ‘Me voici, envoie-moi’ (Is, 6, 8) rappelle que «tous les fidèles sont appelés à confirmer de nouveau leur nécessaire et urgente participation à la mission évangélisatrice de l’Église», a ajouté Mgr Protase Rugambwa, secrétaire de la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples. Celle-ci doit se manifester aussi bien à travers la prière, le sacrifice, la réflexion ou encore l’aide matériel. Il également relevé qu’être missionnaire supposait la présence de l’Esprit saint sans qui «nous ne pouvons rien faire». Selon lui, le contexte particulier dans lequel sera célébrée cette journée ne doit pas faire oublier que «la mission de Jésus donnée à l’Église ne s’arrête jamais», a encore déclaré le haut prélat. (cath.ch/imedia/cg/gr)

La Rue Pauline Jaricot, dans le 5ème arrondissement de Lyon | Wikimedia Commons – Romainbehar – CC0 1.0
18 octobre 2020 | 11:13
par I.MEDIA
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