Une lettre manuscrite du pape l'a «informellement réhabilité»

Tübingen: Hans Küng apprécie le renouveau de l’Eglise amorcé par le pape François

Tübingen, 11 octobre 2013 (Apic) Par une lettre manuscrite, le pape François a «quasi réhabilité informellement» Hans Küng. C’est ce qu’a affirmé le théologien d’origine suisse dans une interview avec l’agence Apic. Atteint de la maladie de Parkinson, il admet en outre qu’il serait prêt à faire appel à une organisation d’aide au suicide, «justement parce que je crois à la vie éternelle».

Le théologien, qui a fait carrière à l’Université de Tübingen en Allemagne, s’est vu retirer sa mission canonique (le droit d’enseigner au nom de l’Eglise catholique) en 1979 suite à une longue controverse.

En 2012, il avait encore dit à l’Apic: «Küng s’en va et Ratzinger reste». Finalement, Josef Ratzinger «s’est retiré avant moi». Le théologien suisse a une relation très différente avec le nouveau pape par rapport à ses deux prédécesseurs, qui se sont engagés pour la «restauration de l’Eglise». François, pour sa part, s’engage pour un renouveau et une réforme de l’Eglise.

Hans Küng, qui a été théologien et conseiller durant le Concile Vatican II, a eu l’heureuse surprise de recevoir «une lettre manuscrite et fraternelle» du pape argentin. Son message constitue «une quasi réhabilitation informelle», alors que le pape polonais n’avait pas donné le moindre signe durant 27 ans, ni répondu à aucune de ses lettres.

Le nouveau pape a réalisé une réforme du style, du langage, du protocole et du ton à adopter. Mais l’Eglise a encore besoin de «nombreuses réformes radicales». Il est cependant vrai que le pape François doit tenir compte du fait que tous, dans l’Eglise, ne sont pas convaincus par les nouveautés.

Euthanasie: une 3e voie

Hans Küng, atteint de la maladie de Parkinson, a affirmé qu’il envisageait de s’adresser à une organisation d’aide au suicide. Interrogé à ce sujet par l’Apic, il renvoie au dernier chapitre de son ouvrage «Erlebte Menschlichkeit» (Humanité expérimentée). Le théologien y propose «une troisième voie» au sujet de l’euthanasie. Il ne s’agit pas, comme beaucoup de non croyants, de croire que l’on va dans le néant ou, comme de nombreux superstitieux, de considérer qu’on ne devrait pas influer sur sa propre mort. «Justement parce que je crois en la vie éternelle, je suis d’avis que je ne devrais pas encore prolonger davantage ma vie temporelle», affirme le théologien suisse.

L’être humain est responsable de sa propre vie jusqu’à la fin. Hans Küng ne peut pas considérer que «le bon Dieu créateur accepte que la vie humaine se réduise à une vie biologique purement végétative». Il serait donc faux de penser que l’on doit «tout accepter comme venant de Dieu». (apic/gs/bb)

11 octobre 2013 | 16:20
par webmaster@kath.ch
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