Une loi «contreproductive et qui va rendre la société moins sûre»

Irlande: Le secret de la confession mis en cause

Dublin, 18 juillet 2011 (Apic) Le gouvernement irlandais veut forcer les prêtres à briser le secret de la confession dans le cas d’abus sexuels sur mineurs. Un projet de loi qui rencontre l’opposition du clergé, indique l’agence d’information catholique américaine CNS.

Le 14 juillet, Enda Kenny, premier ministre irlandais, a annoncé un projet de loi mettant en cause le secret de la confession: les prêtres seraient forcés de révéler les cas d’abus sexuels, dont ils auraient eu connaissance au confessionnal, sous peine d’être condamné à cinq ans de prison. Pour la politicienne, le droit canon ne saurait primer sur le droit d’un Etat. Enda Kenny s’exprimait au lendemain du rapport sur le diocèse de Cloyne, dans lequel des soupçons d’abus auraient été caché à la police jusqu’en 2008.

Pour le Père P.J. Madden, porte-parole de l’association des prêtres catholiques, le secret de la confession est «au-dessus et au-delà de tout» et ne peut pas être brisé, même si un criminel confesse ses crimes. Le prêtre souligne qu’il exhorterait fortement le criminel – qu’il s’agisse ou non d’un prêtre – a avouer ses crimes à la police, mais qu’il n’irait pas lui-même rapporter ces informations.

Si les évêques irlandais ne sont pas encore intervenus, préférant prendre connaissance de la proposition législative avant de prendre position, on s’attend déjà à une forte opposition des milieux catholiques. Pour David Quinn, directeur du think-tank «The Inona Institute», cette loi serait «contreproductive et va rendrait la société moins sûre». Et d’ajouter: «Aucun coupable d’abus sexuels n’ira voir un prêtre s’il sait que ce dernier va informer la police. Si on coupe au criminel l’accès à la confession, il ne parlera à personne capable de le persuader d’aller voir la police.» (apic/cns/amc)

18 juillet 2011 | 15:33
par webmaster@kath.ch
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