Fribourg: 100e anniversaire de l’arrivée des Pères Blancs

Une messe commémorative à l’église Saint-Pierre

Fribourg, 24 octobre 2011 (Apic) Le 23 octobre, l’église St-Pierre à Fribourg était pleine à craquer pour célébrer les 100 ans de l’arrivée des Pères Blancs, missionnaires d’Afrique. Lors de la messe, les confirmands ont fait une procession avec des supports symboliques signifiant la vie, vie qu’il faut partager avec d’autres. Après la cérémonie religieuse, la rencontre festive s’est poursuivie à la salle St-Pierre où les chants rythmés de la chorale Cap-Verdienne «Boa Esperanza» de Romont ont enthousiasmé l’assemblée.

Les Pères Blancs ont tenu à marquer leur enracinement à Fribourg et leur engagement auprès des plus démunis. Cette journée festive a rappelé leur vocation de missionnaires en Afrique et leur engagement en Suisse pour les sans papiers et sans domiciles.

Dans son homélie, le Père Claude Maillard a rappelé la multiculturalité de notre société, insistant sur la richesse ou la grâce que constitue une telle diversité. La Bonne Nouvelle de la Mission Universelle peut, selon lui, se résumer ainsi: «aimer et se savoir aimé. Respecter et se savoir respecté». Le Père Claude Maillard déclare aussi qu’aller à la rencontre de l’autre permet de «tendre la main et devenir frère pour construire un monde plus équitable et plus beau». Des apôtres à aujourd’hui, «il y a une grande lignée de disciples de tous horizons, qui sont des témoins de haut vol, des témoins de l’Absolu dont notre génération a besoin.» A l’instar du fondateur des Missionnaires d’Afrique (le cardinal Charles Lavigerie, archevêque d’Alger), le Père Maillard invite chacun à ouvrir son cœur et à s’insurger contre toute injustice, ici et ailleurs. La mission de tout chrétien est de faire connaître Dieu partout et en tout temps.

Dans son message d’accueil, le curé modérateur de l’Unité pastorale Saints-Pierre-et-Paul, l’abbé André Vienny, a relevé que la paroisse saint-Pierre ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans la présence et l’activité de l’Africanum, ce lieu de rencontres, d’échanges et d’accueil ouvert à tous, dépassant les limites de la confession chrétienne.

Les Pères Blancs

Fondée en 1868, à Alger, par Mgr Lavigerie, alors archevêque de cette ville et futur cardinal, les Missionnaires d’Afrique ou Pères Blancs sont un institut essentiellement orienté vers la mission ad extra. Dès l’origine le fondateur a formulé clairement les priorités qui définissaient son projet : créer une société consacrée à l’évangélisation de l’Afrique, constituée d’hommes de toutes nationalités et prêts à s’engager dans un style de vie marqué par l’esprit de famille et par le travail en commun.

Les débuts de la mission des Pères Blancs sont marqués par la présence et le témoignage en milieu entièrement musulman, plus précisément en Algérie, au Sahara et en Tunisie. Assez vite cependant, dans les années 1870 et suivantes, l’horizon apostolique de la jeune Société s’est élargi. D’une part, et bien que ce ne soit pas sur le continent africain, Mgr Lavigerie a tenu à fonder une communauté à Jérusalem, en 1878. Les Pères Blancs. y sont présents jusqu’à aujourd’hui, engagés notamment dans le dialogue avec les Eglises d’Orient.

La même année, Mgr Lavigerie se voit confié par le pape Léon XIII de larges régions de l’Afrique sub-saharienne, depuis l’est de l’actuel République Démocratique du Congo jusqu’aux rivages de l’Océan Indien. Quelques années plus tard, en partant d’Alger et en transitant par Dakar, les Missionnaires atteignent les régions intérieurs de l’Afrique Occidentale. Ils arrivent à Ouagadougou en 1900.

Près d’un siècle et demi après sa fondation la Société des Missionnaires d’Afrique reste attachée à l’inspiration première de son fondateur, et ceci dans un contexte social, culturel et religieux qui a évidemment très profondément évolué. Les Missionnaires d’Afrique gardent une sensibilité particulière à tout ce qui concerne le monde de l’Islam, et beaucoup d’entre eux sont engagés dans le dialogue interreligieux, que ce soit en Afrique même ou en Europe.

En Afrique leurs engagements se vivent dans le cadre des Eglises locales, marqués en même temps par une attention particulière vers les lieux de première évangélisation et l’engagement pour la justice et pour la paix, au nom de l’Evangile.

Longtemps constituée par des hommes venus d’Europe et de l’Amérique du Nord, engagés comme prêtres ou comme frères, les Missionnaires d’Afrique sont rejoints aujourd’hui par de nombreux jeunes venus d’Afrique, mais aussi d’Asie et des pays latino-américains.

L’ensemble de l’Institut compte actuellement près de 1540 membres et sa Maison Générale se trouve à Rome. La plupart des centres de formation se situent en Afrique mais aussi en Asie, en Amérique et en Europe

Statistiques

Au 1er Janvier 2011, on compte 259 communautés de Pères Missionnaires d’Afrique dans le monde répartis en 42 Pays dont 23 Pays en Afrique. Ils sont au nombre de 1495 et de 37 nationalités et ont une moyenne d’âge de 69 ans et demi.

Les Pères Blancs suisses ont travaillé dans les 20 pays suivants : Algérie, Burkina, Burundi, Ghana, Guinée, Ethiopie, Inde, Kenya, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Niger, Ouganda, RD Congo, Rwanda, Tanzanie, Tunisie, Yemen et Zambie.

Les 103 Missionnaires suisses décédés totalisent 2060 années en Afrique ou 752’000 journées.

Sur les 33 Pères Blancs suisses en vie, six sont encore en Afrique, un à Rome et un à Bruxelles. (apic/africamission/js)

24 octobre 2011 | 15:19
par webmaster@kath.ch
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