Une organisation catholique zambienne rejette l’accusation d’»incitation à

la violence» ENI-95-0325çF

Lusaka, le 12 décembre (ENIçAnthony Kunda) – L’un des responsables de la

Commission catholique zambienne «paix et justice» (CCPJ) a rejeté les

accusations lancées par un dirigeant d’Eglise pentecôtiste selon lesquelles

la commission inciterait à la violence en appelant à des «protestations de

masse» contre le projet de réforme constitutionnelle du gouvernement.

Stephen Mwale, responsable des Assemblées pentecôtistes de Dieu, avait en

effet déclaré que la Commission incitait les citoyens à des actions

violentes contre le gouvernement, et ceci par le biais d’une organisation

nouvellement créée, le Comité d’action de la société civile pour la

constitution, dont le responsable est le président de la CCPJ, Morse

Nanchengwa.

Les Assemblées de Dieu soutiennent les propositions du président zambien,

Frederick Chiluba, qui veut que le projet de constitution soit adopté par

l’Assemblée nationale.

Plusieurs organisations d’Eglise, et notamment la Commission «paix et

justice», s’opposent à ce projet parce que l’Assemblée nationale actuelle

est dominée par le Mouvement de la démocratie multipartite (MMD) du

président Chiluba et elles demandent que le projet soit débattu par une

assemblée constituante spécialement élue.

Le projet de constitution provoque une controverse en particulier en raison

des clauses qui interdiront aux Zambiens dont les parents ne sont pas

citoyens de la troisième génération d’être élus à la présidence – ce qui

écarterait l’ancien président Kenneth Kaunda, dont les parents étaient de

l’ancienne colonie britannique de Nyasaland, aujourd’hui le Malawi.

Mais c’est sur le président Chiluba que s’est alors braquée l’attention des

médias après que le journal Post eut affirmé qúil était né au Zai»re, et

non en Zambie comme il l’affirmait.

Lors de la première conférence de presse du Comité d’action de la société

civile en novembre, Morse Nanchengwa a déclaré que le Comité allait

commencer à organiser des protestations de masse dans toute la Zambie,

entre autres une marche vers la résidence officielle du président pour

réclamer la formation d’une assemblée constituante.

Mais selon Stephen Mwale, «ce comité vient de franchir le premier échelon

vers la violence; en appelant à des protestations de masse contre le

gouvernement, il cherche à justifier sa théorie – l’action violente contre

le gouvernement et ses postions.»

Morse Nanchengwa rejette ces accusations. «Par des protestations de masse,

nous ne voulons pas inciter à la violence politique pour forcer le

gouvernement à accepter la formation d’une assemblée constituante pour

adopter le projet de constitution. Notre objectif permanent est d’oeuvrer

en faveur de la paix», a-t-il expliqué.

«Nous allons commencer à manifester devant le parlement durant le prochain

mois pour protester contre la décision du gouvernement de faire adopter le

projet de constitution par le parlement actuel.»

La Commission «paix et justice» a été établie en 1986 par l’Eglise

catholique romaine avec comme mandat spécifique du synode des évêques de

traiter des questions de paix et justice. (497 mots)

12 décembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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