Angleterre: Autorité de surveillance demandée pour les fuites de pétrole dans le delta du Niger

Une organisation d’Eglise se joint à 40 autres organismes

Londres, le 8 juillet (Apic) Un groupe de défense d’intérêts formés d’investisseurs liés aux Eglises de Grande-Bretagne et d’Irlande appelle à la création d’une autorité financée par l’industrie pétrolière afin de parer aux conséquences des fuites d’hydrocarbures dans le delta du Niger.

Le Conseil œcuménique pour la responsabilité des sociétés (ECCR) se joint à la quarantaine d’organisations internationales exhortant le président nigérian Goodluck Jonathan à superviser la création d’une autorité indépendante.

Cette autorité serait financée par une prime d’assurance se basant sur un pourcentage des revenus pétroliers fixé à l’avance; elle serait responsable du nettoyage des sites souillés et du dédommagement des communautés touchées.

«BP est sur la sellette au Congrès des Etats-Unis et l’entreprise a été contrainte à juste titre de promettre des milliards de dollars de dédommagements pour les communautés touchées aux Etats-Unis … Mais les sociétés pétrolières présentes dans le delta du Niger, comme Shell, Chevron et ExxonMobil, sont depuis des décennies largement responsables de fuites d’hydrocarbures qui détruisent les moyens de subsistance et foulent aux pieds les droits de la personne des communautés locales», a indiqué l’ECCR dans un communiqué du 6 juillet. «Contrairement aux victimes aux Etats-Unis, les villageois du Nigeria n’ont eu aucune voie de recours.»

Les compagnies doivent prendre leurs responsabilités

L’ECCR, qui représente des agences de protection de l’environnement et de défense des droits de la personne ainsi que des organisations de la société civile, a affirmé qu’il existait une faille dans le cadre actuel visant à proposer ne serait-ce qu’une réaction de base aux quelque 300 fuites de pétrole recensées chaque année dans ce delta du sud du Nigeria.

Les compagnies pétrolières doivent non seulement reconnaître le risque pour l’environnement et mettre de côté des fonds permettant de parer à ce genre d’incidents, mais aussi se conformer aux normes internationales en remplaçant les oléoducs tous les 15 ans, selon l’ECCR.

«Nous sommes extrêmement préoccupés par les conséquences de ces fuites sur la capacité des enfants et de leurs parents à accéder aux droits fondamentaux de la personne», souligne l’organisation.

Miles Litvinoff, coordinateur de l’ECCR, a déclaré au correspondant d’ENInews: «Les membres de la coalition échangent désormais des courriels sur les mesures à prendre pour la suite des opérations et ils n’ont pas l’intention de baisser les bras.»

Selon Miles Litvinoff, le président Jonathan s’inquiète de la situation mais se dit optimiste quant à l’issue des prochains pourparlers entre le gouvernement nigérian et les compagnies pétrolières.

Dans son dernier communiqué en date sur les fuites d’hydrocarbures, l’entreprise Shell a indiqué que, dans le monde entier, elle a progressivement réduit le nombre d’oléoducs qu’elle ne parvient pas à maîtriser en raison des défaillances d’exploitation et de la corrosion. La société pétrolière a toutefois précisé qu’au Nigeria, les fuites se sont multipliées à cause d’actes de sabotage et de vols. En 2009, les fuites de pétrole de Shell dans le monde ont totalisé 1300 tonnes, soit le chiffre le plus bas jamais enregistré pour une année. (apic/eni/js)

8 juillet 2010 | 17:42
par webmaster@kath.ch
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