Jérusalem: Le custode de Terre Sainte se montre confiant face à la prière pour la paix

Une pause politique dans le conflit israélo-palestinien

Jérusalem, 6 juin 2014 (Apic) «Une pause par rapport à la politique» dans le conflit israélo-palestinien. C’est ainsi que le custode de Terre Sainte, le père Pierbattista Pizzaballa, a défini la prière commune des présidents israélien et palestinien, le 8 juin 2014 au Vatican, pour invoquer «le don de la paix». Deux jours plus tôt, le père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a détaillé devant la presse le déroulement de cette prière qui s’articulera autour des trois religions représentées.

Aux yeux du custode de Terre Sainte, qui intervenait le 6 juin, cette prière est un «geste fort», capable de toucher «l’opinion publique», même si on ne doit pas en attendre des résultats immédiats. «Nul n’a la présomption de penser que la paix éclatera dès lundi», a lancé le frère franciscain, expliquant que cette prière visait à «recréer de nouveau un désir de paix».

Le custode de Terre Sainte a rappelé qu’une rencontre entre Shimon Peres et Mahmoud Abbas devait initialement avoir lieu à Jérusalem pendant le récent voyage du pape, mais que pour des raisons logistiques et de limitation de temps, cela n’avait pu se faire. Cette prière, a-t-il expliqué, «est une pause par rapport à la politique». «Le pape ne veut pas rentrer dans les questions politiques sur le conflit israélo-palestinien, que nous connaissons sur le bout des doigts», a encore précisé le père Pizzaballa. Mais à ses yeux, cette rencontre sera un «geste très fort», capable «d’avoir un impact sur l’opinion publique». «La paix ne se fait pas seulement dans les salons», a ajouté le custode.

Le Père Pizzaballa a indiqué qu’il y avait en Terre Sainte, aussi bien en Israël qu’en Palestine, un grand intérêt par rapport à cette rencontre et beaucoup de curiosité. Il a ainsi mentionné l’initiative de l’Eglise locale de s’unir par la prière à cet événement dans la soirée du 8 juin. Il y a une «grande attente» des communautés chrétiennes de Terre Sainte, a-t-il assuré.

Trois invocations

Devant la presse, le Père Lombardi a pour sa part donné le programme de cette prière. Le pape rencontrera tout d’abord brièvement et séparément Shimon Peres et Mahmoud Abbas à la Maison Sainte-Marthe, avant que ne se joigne à eux le patriarche orthodoxe de Constantinople, Bartholomée 1er. Les quatre protagonistes de la soirée se rendront ensemble en voiture jusqu’au lieu de la célébration qui doit débuter à 19h, sur une grande pelouse des Jardins du Vatican.

Ils seront chacun accompagné d’une délégation d’une quinzaine de personnes, religieuses ou non. «Mais aucun représentant des gouvernements ne sera présent», a souligné le Père Lombardi sans pour autant révéler la composition des trois délégations.

Après une brève ouverture musicale, la prière se déroulera en trois temps, suivant l’ordre «chronologique» des trois religions présentes: judaïsme, christianisme, islam. Ces moments comprendront tous de la musique, une demande de pardon et une prière, respectivement en hébreu pour les uns, en anglais, italien et arabe pour les seconds et enfin en arabe. Le pape et les deux présidents élèveront alors chacun leur tour une invocation, avant l’échange d’un geste de paix entre les quatre protagonistes. Tous iront ensuite planter un olivier.

Après leur prière commune, la première de ce type au Vatican, ils auront tous quatre un entretien privé à l’intérieur de la Casina Pio IV, siège notamment de l’Académie pontificale des sciences, au cœur des jardins. Cet entretien se tiendra à huis clos. (apic/imedia/mm/bb)

6 juin 2014 | 15:31
par webmaster@kath.ch
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