Une «personnalité fascinante», aux yeux de l’évêque d’Osnabrück
Allemagne: L’éloge de Mgr Bode à Luther
Osnabrück, 7 septembre 2009 (Apic) L’évêque catholique d’Osnabrück, dans le nord de l’Allemagne, estime que le réformateur protestant du XVIe siècle Martin Luther représente une «stimulation positive» pour les Eglises des traditions protestante et catholique.
«Sa façon de placer radicalement Dieu au cœur des choses est fascinante», a affirmé l’évêque Franz-Josef Bode dans une interview avec l’agence de presse protestante epd, avant le service qui s’est déroulé le 6 septembre à la Lutherkirche d’Osnabrück, où il a prononcé une prédication sur Luther.
Luther, a indiqué Mgr Bode, avait très justement dénoncé les échecs de l’Eglise et il avait rappelé quelles étaient les racines de la foi. L’évêque a estimé que Luther était une «personnalité fascinante pour les deux Eglises», soulignant que le réformateur ne cherchait pas à diviser l’Eglise en propageant ses 95 thèses de 1517, mais que son enseignement avait été par la suite instrumentalisé pour servir d’autres intérêts.
Il a indiqué que grâce au Concile Vatican II, notamment, l’Eglise catholique est en mesure de comprendre et d’aborder sous un jour nouveau la pensée de Luther et l’estime qu’il porte à la Parole de Dieu. Le Concile Vatican II s’est réuni de 1962 à 1965. Il a conduit l’Eglise catholique à accepter pour la première fois qu’une coexistence de différentes formes de foi en Christ était possible, a rappelé l’évêque.
Le 50e anniversaire du Concile, en 2015, aura lieu pendant les préparatifs du 500e anniversaire de la réforme protestante, en 2017. Mgr Bode, cité par ENI, a déclaré qu’il travaillerait avec la Conférence épiscopale d’Allemagne pour veiller à ce que les aspects œcuméniques du Concile Vatican II soient mis en valeur.
Pourtant, a conclu l’évêque, il reste des éléments de division entre l’Eglise catholique et Luther. Ces divisions portent notamment sur la conception à partir de sa propre expérience de l’Eglise, du pastorat et des sacrements. «L’Eglise catholique réagirait aujourd’hui à ce genre de provocation différemment et mieux». (apic/eni/pr)



