Implantée au pays des Pharaons au siècle passé par des missionnaires américains, la communauté protestante d’Egypte se sent, à l’instar des autres dénominations chrétiennes, en liberté surveillée. Minorité active au sein de la minorité chrétienne (selon des sources protestantes, les évangéliques égyptiens sont près d’un demi-million, tandis que l’Eglise copte orthodoxe rassemble à elle seule plus de 90 % des chrétiens du pays), les coptes évangéliques refusent cependant de parler de persécution religieuse. Même s’ils sont aussi la cible des islamistes.
Une petite communauté protestante
«Nous avons nos écoles, nos hôpitaux, nos églises: notre situation est relativement privilégiée. Je considère que nous sommes plus libres que les chrétiens vivant dans n’importe quel autre pays musulman», confie un pasteur rencontré en plein centre du Caire, à la paroisse évangélique presbytérienne de Faggala, qui appartient au Synode du Nil. Certes, reconnaît notre interlocuteur, les protestants doivent affronter un certain nombre de problèmes, mais l’on ne peut parler de persécution: «Le gouvernement autorise nos activités et nos lieux de culte».
Difficile œcuménisme: les coptes orthodoxes pratiquent le «rebaptême»
L’Eglise presbytérienne évangélique, originaire des Etats-Unis, est venue en Egypte au XIXe siècle. Elle fait partie des 17 dénominations protestantes, regroupées en quatre branches. Elle est la plus importante, rassemblant près de la moitié des protestants égyptiens. Le contentieux avec les orthodoxes date des origines: il y a 150 ans, les Américains sont venus recruter des fidèles au sein de l’Eglise copte, qui s’estime victime du prosélytisme protestant.
En effet, les coptes orthodoxes se considèrent comme la première Eglise, «l’Eglise mère», que les protestants ont abandonnée. Quand un fidèle protestant ou catholique veut se marier avec une orthodoxe, l’Eglise copte orthodoxe le baptise à nouveau. Par contre, protestants et catholiques reconnaissent mutuellement leur baptême de même que le baptême orthodoxe. Les coptes, par contre, ne reconnaissent que le baptême des grecs-orthodoxes. (apic/be)



