Une pétition vise «Développement et Paix»
Québec: L’action de carême canadienne toujours dans le collimateur des «pro vie»
Montréal, 23 mai 2011 (Apic) Les accusations de milieux «pour la vie» américains et canadiens contre l’organisation catholique «Développement et Paix» se poursuivent de plus belle. Ils dénoncent depuis des années l’œuvre d’entraide de l’Eglise canadienne, coupable selon eux d’allouer des subventions à des projets liés à la promotion de l’avortement. La Campagne «Québec-Vie» vient de lancer une pétition intitulée «Appel à la réforme de Développement et Paix».
L’action de carême canadienne est poursuivie avec acharnement notamment par le site internet anglophone «LifeSiteNews». Il accuse «Développement et Paix» de financer des organisations encourageant l’avortement dans les pays du tiers monde. Les attaques des milieux fondamentalistes contre l’organisation catholique s’étaient pourtant avérées fausses, selon la Commission d’enquête de la Conférence des évêques canadiens (CECC) qui a publié un rapport en juin 2009 suite à ces accusations.
Dans son rapport sur cinq ONG mexicaines, dont certains projets sont financés par l’organisme catholique canadien, la Commission d’enquête de la CECC avait réfuté ces allégations. Ces accusations sont «sans fondement», avait alors déclaré Mgr V. James Weisgerber, archevêque de Winnipeg et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC).
Attaques de la Campagne «Québec-Vie»
Le mandat reçu par «Développement et Paix» à sa fondation en 1967 est d’appuyer des programmes de développement mis en place par des gens du Sud, sans égard à leurs convictions religieuses. Bien que l’ONG catholique ait souvent travaillé et continue de bénéficier de relations proches avec des organisations de l’Eglise catholique autour du monde, l’affiliation religieuse n’a jamais été un critère d’acceptation des projets qui sont présentés à «Développement et Paix».
Mais dimanche 15 mai, lors du congrès 2011 de la Campagne «Québec-Vie» tenu au Château Laurier à Québec, John-Henry Westen, de «LifeSiteNews.com», a lancé de nouvelles accusations visant «les nombreux problèmes chez ’Développement et Paix’». La Campagne «Québec-Vie» a alors décidé de lancer une pétition intitulée «Appel à la réforme de Développement et Paix».
La pétition de la Campagne «Québec-Vie» demande aux évêques de «revoir de fond en comble» cet organisme catholique. A l’instar d’autres groupes «pro-vie» au Canada depuis 2009, la Campagne «Québec-Vie» accuse l’ONG catholique de soutenir des partenaires favorables à l’avortement dans divers pays. Les signatures qui seront recueillies seront envoyées à la Conférence des évêques catholiques du Canada, à l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, et aux évêques sur une base individuelle.
Obligation d’avoir à chaque fois une lettre d’appui des évêques dans les pays aidés
Le débat sur la manière de gérer l’organisme catholique «Développement et Paix» se porte depuis quelques jours sur l’obligation d’obtenir une lettre d’appui des évêques dans les pays aidés pour mettre en œuvre des projets de développement dans les pays du Sud, à commencer par l’Amérique latine et l’Afrique. Des catholiques québécois estiment que la conférence épiscopale canadienne risque d’entraver sérieusement la capacité d’action de l’ONG catholique avec une telle obligation.
Satisfaire les «extrémistes» catholiques
Pour quatre membres québécois de «Développement et Paix», il s’agit d’abord d’une mesure pour satisfaire des «extrémistes» catholiques qui l’accusent d’appuyer des organismes en faveur de l’avortement dans plusieurs pays, notamment au Mexique.
La pression et les accusations fusent depuis 2009 contre l’ONG, et ont récemment influencé la décision de renvoyer chez lui au début du mois d’avril le directeur du Centre ProDH, le Père mexicain Luis Arriaga, à qui l’on a interdit de donner des conférences dans les diocèses d’Ottawa et d’Alexandria-Cornwall sous prétexte que son centre de droits humains au Mexique appuierait des groupes en faveur de l’avortement. Le Centre ProDH est spécialisé dans la défense légale des autochtones et des paysans mexicains, qui figurent parmi les groupes les plus vulnérables au pays.
Il s’agit d’un organisme fondé et dirigé par les jésuites, et engagé dans la défense des droits des plus pauvres et des plus marginalisés de la société mexicaine. «Développement et Paix» a maintenu jusqu’à présent des liens étroits avec cet organisme qu’il aide depuis 1995. Une partie importante du travail du Centre ProDH est de plaider devant les tribunaux au nom de victimes d’abus de pouvoir, de répression et d’injustice. Ce travail n’a pas de rapports avec la santé reproductive des femmes, ni avec l’avortement ou la contraception.
«Toutefois, en raison de certaines allégations qui ont récemment circulé contre le Centre, les évêques du Mexique ont soulevé des questions concernant l’association du Centre à certains réseaux de la société civile», notent Ronald Breau et Michael Casey, respectivement président et directeur général de «Développement et Paix». Suite aux «sérieuses préoccupations quant au travail du Centre ProDH» émises par l’archevêché de Mexico, l’ONG catholique canadienne a décidé de cesser son partenariat avec le centre dirigé par les jésuites mexicains. (apic/rvm/dp/be)



