Une politique d'asile «trop frileuse» pour l'œuvre d'entraide
Suisse: Caritas demande plus de courage à la Confédération pour l’accueil des réfugiés du Moyen-Orient
Berne/Lucerne, 14 août 2014 (Apic) Face à la crise actuelle au Moyen-Orient, l’œuvre d’entraide catholique Caritas demande à la Confédération suisse d’accueillir plus de réfugiés. L’organisation caritative rappelle que, lors de précédentes crises, la Suisse s’était donné les moyens d’appliquer une politique d’asile beaucoup plus courageuse.
«Une politique d’asile fondée sur des exigences humanitaires ne peut s’accommoder de la frilosité du Département fédéral de justice et police (DFJP)», affirme Caritas dans son service de presse du 14 août 2014. Elle fait notamment référence à l’intervention de Simonetta Sommaruga, chef du DFJP, à la réunion informelle du Conseil Justice et Affaires intérieures de l’Union européenne (Conseil JAI), le 8 juillet 2014, à Milan. La Conseillère fédérale y a exhorté les pays d’Europe à être ouverts à des mesures exceptionnelles, l’Italie ne pouvant pas, selon elle, faire face seule à la situation. La responsable helvétique s’est cependant contentée, selon Caritas, de présenter pour la Suisse, de «maigres» mesures concernant une assistance à l’Italie, sur le territoire de laquelle plus de 100’000 réfugiés, principalement syriens, sont attendus jusqu’à la fin de l’année.
Simonetta Sommaruga a notamment insisté sur les allégements temporaires des conditions d’octroi de visas pour les ressortissants syriens mis en place l’an dernier, omettant de préciser que ces «allégements» avaient été supprimés après seulement deux mois. La conseillère fédérale a également évoqué le programme pilote de trois ans visant à l’accueil de 500 réfugiés reconnus, ajoutant qu’un nouveau programme concret n’était pas prévu actuellement.
Demande d’accueil de 5’000 réfugiés
Caritas demande ainsi «plus de courage» de la part de Simonetta Sommaruga, rappelant «les situations passées que la Suisse a remarquablement maîtrisées». Lors du conflit au Kosovo, la Suisse a accueilli plus de 53’000 personnes. Caritas note également la crise hongroise, en 1957, lorsque la Confédération avait accueilli plus de 11’000 réfugiés en un court laps de temps.
L’œuvre d’entraide catholique souligne que le manque de possibilités d’hébergement invoqué par les autorités est le résultat de décisions politiques et qu’il n’est pas inéluctable.
Caritas a déjà demandé en avril de cette année, dans une lettre ouverte au président de la Confédération Didier Burkhalter, que la Suisse accueille un contingent d’au moins 5’000 réfugiés et qu’elle porte l’aide humanitaire à 100 millions de francs par an. Il est aussi nécessaire, pour l’œuvre d’entraide, de réintroduire la possibilité de déposer des demandes d’asile dans les ambassades, ce qui éviterait dans bien des cas aux réfugiés des traversées à haut risque, par exemple en direction de Lampedusa. (apic/com/rz)



