Une politique «terrible», «discriminatoire» et une «immense menace pour nous tous»
Etats-Unis: Les évêques du Connecticut opposés à la levée du délai de prescription dans les cas de pédophilie
Hartford/Connecticut, 12 avril 2010 (Apic) Dans une lettre lue durant les messes du week-end du 10-11 avril 2010, les évêques des diocèses de Hartford, Bridgeport et Norwich, dans l’Etat américain du Connecticut, se déclarent opposés à la levée du délai de prescription dans les cas de pédophilie. Ils estiment que le Connecticut a déjà le délai de prescription le plus long aux Etats-Unis – à savoir 30 ans depuis que la victime a 18 ans – et rappellent que ces dernières années, dans les Etats américains où ce délai a été levé même temporairement – «cela a causé la faillite d’au moins sept diocèses».
Le projet de loi (House Bill 5473) concernant la levée de la prescription ferait du Connecticut le seul Etat américain sans délai de prescription, écrivent-ils dans leur lettre aux paroissiens. Les évêques du Connecticut – l’archevêque de Hartford, Mgr Henry J. Mansell, l’évêque de Bridgeport, Mgr William E. Lori, et l’évêque de Norwich, Mgr Michael R. Cote – affirment qu’il s’agit d’une politique «terrible», «discriminatoire» et d’une «immense menace pour nous tous». De plus, la loi serait rétroactive. (Cf. www.archdioceseofhartford.org)
«Cette loi mettrait en danger toutes les institutions de l’Eglise, y compris votre paroisse», lancent-ils, en incitant les catholiques à s’opposer à cette mesure législative. Ainsi tous les biens des paroisses peuvent être perdus, «même si votre paroisse dans le passé n’a pas eu de tels incidents d’abus sexuels contre mineurs». «C’est pourquoi il est important pour vous de rejoindre d’autres catholiques du Connecticut pour s’opposer à cette législation».
Selon ce projet de loi, mettent en garde les évêques, des plaintes pourraient être portées après «50, 60, 70 ans ou même plus». «Le plus souvent, ces plaintes seraient faites par un petit nombre d’avocats espérant tirer profit de ces cas». Il sera de plus difficile de se défendre parce que les individus clefs sont décédés, les mémoires s’effacent et les documents et autres preuves sont perdus, estiment-ils.
Pour les évêques, il ne s’agit pas seulement du problème de faillites éventuelles et de la perte de biens, mais en fin de compte, cette «législation va miner la mission de l’Eglise catholique au Connecticut, menaçant nos paroisses, nos écoles et nos œuvres d’entraide catholiques». Ils rappellent qu’outre le fait qu’ils ont institué dans leurs diocèses une politique de «tolérance zéro», ils se sont occupés avec un grand engagement des victimes et de leurs familles à travers le conseil, la prière et d’importants dédommagements financiers. Les diocèses ont également formé des milliers d’enfants et d’adultes dans le cadre de leur programme pour un environnement sain, le «Safe Environments Program». (apic/ccpac/be)



