Suisse: Les représentants des ordres religieux se penchent sur le thème des abus sexuels
Une problématique encore très taboue
Zurich, 23 février 2011 (Apic) Le thème des abus sexuels est une problématique encore très taboue dans les milieux religieux, ont constaté lundi 21 février à Zurich les représentants des ordres religieux de Suisse. Les supérieurs et supérieures des ordres religieux se sont penchés sur cette délicate question lors d’une session qui s’est tenue au Centre 66 à Zurich, fait savoir mercredi 23 février la Conférence des évêques suisses (CES).
A l’origine de cette réunion: la Conférence des Unions des Religieux, Religieuses et des Instituts séculiers de Suisse (KOVOSS’CORISS) et le Père-Abbé Martin Werlen, responsable du groupe d’experts de la CES «Abus sexuels dans le cadre de la pastorale».
A cette occasion, Mgr Martin Werlen a accueilli 74 supérieurs et supérieures des ordres religieux de toutes les régions linguistiques de la Suisse pour une session sur le thème des abus sexuels. Ont participé, en tant qu’intervenants, des membres du groupe d’experts de la CES en charge de cette question: Eva Regina Weller, thérapeute auprès des victimes (»Que se passe-t-il lors d’abus sexuel? Point de vue de l’abusé»); Nico Bischoff, thérapeute auprès des auteurs d’abus sexuels (»Que se passe-t-il lors d’abus sexuel? Point de vue de l’abuseur»); Mgr Martin Werlen (»Gérer les cas d’abus sexuels – rapport d’expérience»), Adrian von Kaenel (»Qui porte la responsabilité? Une approche juridique»); Iwan Rickenbacher (»Le monde des médias»).
Au cours de la session, la sensibilisation à la question s’est articulée autour d’exemples concrets. La prise en charge de la responsabilité «dans une problématique encore très taboue», note Mgr Martin Werlen, suppose un débat fondamental sur la question – dans les différentes communautés également. Chaque communauté est appelée à faire en sorte que les abus sexuels ne soient plus un sujet tabou dans l’Eglise. Cela se reflète d’une manière toute particulière dans le souci des victimes. La communauté porte également la responsabilité pour les auteurs. «Les confrères et consœurs des ordres religieux doivent être sensibilisés au problème, poursuit l’Abbé bénédictin, afin que les personnes qui ont subi des abus trouvent aux portes des monastères des partenaires de dialogue à qui ils peuvent se confier».
«Les nombreux participants, la consternation face à cette question, et l’ouverture dans l’échange ont été des signes clairs de la volonté des religieuses et religieux à faire face, de façon déterminée, à cette douloureuse problématique», conclut Mgr Martin Werlen, responsable du groupe d’experts de la CES «Abus sexuels dans le cadre de la pastorale». (apic/com/be)



