Turquie: Tombes chrétiennes profanées à Istanbul
Une question de terrains, plus que de religion
Istanbul, 22 septembre 2009 (Apic) Des inconnus ont profané un cimetière chrétien à Istanbul. Ils ont détruit 90 pierres tombales portant le signe de la croix et le nom du défunt.
L’incident s’est produit il y a quelques jours dans le cimetière historique de Valukli, proche de l’ancien monastère du même nom, le seul dédié à Notre-Dame encore ouvert à Istanbul.
Au cours des 20 dernières années, les cimetières chrétiens d’Istanbul ont à plusieurs reprises été l’objet de profanations. Ces actes renvoient au souvenir des tragiques événements de septembre 1955, lorsque des églises, des cimetières et des propriétés de la communauté orthodoxe d’Istanbul ont été l’objet de profanations et de destructions.
Le vandalisme actuel rappelle aux chrétiens d’Istanbul que leur survie dans la ville n’est pas garantie, voire impossible.
Les jeunes Turcs n’ont pris connaissance des tragiques événements qui ont perturbé le pays au cours du 20e siècle que récemment, lorsque le film de la jeune réalisatrice Tomris Giritlioglu, «Guz Sancisi», a été projeté dans les salles de cinéma locales et a obtenu un grand succès.
Des terrains convoités
Il est également important, selon l’agence AsiaNews, de prendre en considération que les cimetières chrétiens sont vastes et rappellent la présence minoritaire des chrétiens dans le pays. De plus, compte tenu du développement urbain d’Istanbul, il faut tenir compte du fait que les promoteurs immobiliers convoitent les cimetières chrétiens pour y construire de nouveaux logements.
Une loi adoptée dans les années 1930 a promulgué le transfert aux communes des cimetières, qui appartenaient jusqu’alors aux communautés religieuses.
Le patriarche œcuménique Bartholomé s’est rendu sur les lieux de la profanation et a demandé pourquoi de tels actes continuent de frapper les cimetières chrétiens.
En dépit de la gravité de l’incident, la presse locale n’en parle pas du tout. (apic/an/js)



