Une question qui touche la société toute entière

Suisse: Les protestants rejettent l’initiative «financer l’avortement est une affaire privée»

Berne, 1er novembre 2012 (Apic) La Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS) rejette l’initiative populaire «Financer l’avortement est une affaire privée». La société porte une part de responsabilité dans un avortement, déclare la FEPS dans une brochure publiée le 1er novembre 2012.

La FEPS rejette la demande de l’initiative populaire de supprimer la prise en charge par l’assurance maladie des coûts d’une interruption de grossesse. L’interruption de grossesse est en contradiction avec le sixième commandement: «Tu ne tueras point», explique l’association protestante. La FEPS s’en tient à cette interdiction de tuer. Dans l’interruption de grossesse toutefois, ce sont deux vies qui sont en jeu, la vie de l’embryon et la vie de la femme enceinte, poursuit le texte.

Des difficultés familiales, sociales et économiques peuvent menacer la vie de la femme au point de l’exposer à une «mort sociale». Ici c’est la société tout entière qui porte une responsabilité, affirme la fédération réformée. «Aussi longtemps que nous organiserons notre société de telle sorte que des femmes, du fait d’une grossesse, se trouvent dans une situation de détresse existentielle, nous aurons une part de responsabilité face à l’avortement».

Des perspectives de vie plutôt que des sanctions

Précisément parce que l’avortement porte atteinte à une vie en devenir, il ne doit pas être rejeté dans la sphère privée, souligne la FEPS. Elle considère donc «juste que l’assurance maladie prenne en charge les coûts d’un avortement lorsque des femmes enceintes se trouvent dans une situation de détresse sociale». La privatisation du financement de l’avortement serait un premier pas vers la privatisation des avortements.

C’est en ouvrant des perspectives de vie et non en infligeant des sanctions que l’on peut empêcher les avortements. La Fédération des Églises plaide pour une société agréable aux enfants. «Nous devons créer les conditions cadres qui permettent aux femmes de considérer positivement la maternité», conclut le document. Les Églises soutiennent cet objectif «à travers l’assistance spirituelle, les services diaconaux et des offres concrètes d’aide dans les paroisses».

L’initiative «Financer l’avortement est une affaire privée» a été lancée par une trentaine de parlementaires de la droite dure. Elle demande que les IVG ne soient plus remboursées par l’assurance de base. L’initiative, qui n’est soutenue par aucun parti, sera probablement soumise au peuple fin 2013. (apic/com/rz)

1 novembre 2012 | 17:26
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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