New York: Exposition sur les significations ostensibles et cachées du voile
Une quinzaine d’œuvres de femmes en toute liberté
New York, 10 août 2010 (Apic) Une exposition à New York se penche sur un sujet propice à la controverse, en particulier en Europe et dans les pays majoritairement musulmans : le port du voile par les musulmanes.
L’exposition intitulée «The Seen and the Hidden: (Dis)covering the Veil» (L’ostensible et le caché: (Dé)couvrir le voile», est proposée jusqu’au 29 août à l’Austrian Cultural Forum, un centre artistique et culturel de Manhattan financé par le gouvernement autrichien. L’exposition présente les œuvres de 15 artistes – des femmes, pour la plupart – qui explorent les significations tant littérales que métaphoriques du voile, un symbole qui, pour certains, est synonyme d’oppression de la femme et qui, pour d’autres, se pose en rempart contre l’influence et la domination culturelles occidentales.
Avec des œuvres présentées sur des supports qui vont de la vidéo à la peinture et à la photographie, réalisées par des artistes d’Autriche et d’autres pays européens, mais aussi du Moyen-Orient, d’Iran et des Etats-Unis, l’exposition «L’ostensible et le caché» propose «des positions artistiques diverses sur un thème qui fait partie d’une longue tradition de malentendus», a affirmé Andreas Stadler, directeur du Forum.
Andreas Stadler souligne, dans un essai consacré à ce sujet, que bien que les attitudes à l’égard du voile tendent à être relativement ouvertes en Autriche et aux Etats-Unis, la question du port du voile est un sujet de controverse en France, où certains politiques souhaitent interdire le voile dans les lieux publics, et en Turquie, pays musulman où les débats entre identité laïque et «islamisation» ont gagné en intensité ces dernières années.
«Dans l’ensemble, ce vêtement qui a une tradition partagée remontant à plusieurs milliers d’années est devenu un symbole visuel d’un conflit culturel entre l’image que l’on se fait des mondes musulman et judéo-chrétien, de ’l’Orient’ et de ’l’Occident’», a affirmé Andreas Stadler.
Opposante déclarée au voile, Marjane Satrapi est l’auteure de «Persepolis», une bande-dessinée parue en 2003 qui retrace son enfance en Iran après la révolution islamique de 1979, et dont un film d’animation a été tiré par la suite. Dans son ouvrage, Marjane Satrapi souligne : «Nous n’aimions pas beaucoup porter le foulard, surtout qu’on ne savait pas pourquoi.» Sur la planche, on peut voir un groupe de filles faisant des commentaires caustiques sur le voile. L’une d’elles, par exemple, enlève son voile et le brandit en l’air en s’exclamant : «Il fait trop chaud !» A côté, une fille fait semblant de tuer une autre petite fille en criant : «Exécution pour la liberté».
Par ailleurs, on peut voir l’œuvre d’une artiste qui se fait appeler «Princess Hijab», connue des Parisiens comme un mystérieux personnage qui «peint à la bombe ou dessine des hijabs noirs sur les publicités de mode», à la fois dans un acte d’autocélébration, mais aussi, selon l’exposition, dans un acte «d’art de guérilla visant à libérer les femmes de l’industrie de la beauté occidentale capitaliste.»
La «Trinité» de Hannah Menne, une sculpture faite de diverses matières, comme du plexiglas et de la peinture acrylique, en utilisant des extraits des textes sacrés chrétiens, juifs et musulmans, reprend le thème du «voile» métaphorique par les trois religions monothéistes dans la vie contemporaine. (apic/eni/pr)



