Une région en voie de se «colombianiser
La province mexicaine du Chiapas est au cœur d’une lutte pour son identité culturelle et la défense de son sol. De son côté l’Etat fédéral mexicain et son parti unique au pouvoir, le PRI, tente par divers moyens de briser l’unité des indiens du Chiapas pour s’emparer des richesses pétrolières et minérales qui gisent dans le sous-sol de cette province, afin de pouvoir vendre des concessions à des compagnies étrangères et diminuer la dette du pays. Pour lutter contre les mouvements d’insurrection, le pouvoir politique forme des groupes de paramilitaires. Ces groupes opèrent un véritable terrorisme dans le pays. Les élections sont manipulées: ici, des voix sont achetées, là, des urnes disparaissent. On ne compte plus les assassinats et les disparitions, témoignait en début d’année la Jurassienne Erica Hennequin, de retour d’une mission au Chiapas, en qualité d’observatrice pour la Commission civile internationale d’observation des droits de l’homme. On dénombre 17’000 réfugiés – réd: entre 30’000 et 50’0000 selon des organisations locales – déplacées depuis deux ans par les paramilitaires, qui contrôlent avec l’armée une région en voie de se «colombianiser». Les assassinats, les viols et les déplacements forcés de populations se succèdent. Militaires et paramilitaires sont accusés de commettre les pires atrocités. L’imbroglio «chiapaneco» semble bel et bien incliner vers la guerre. (apic/pr)




