Une «société étonnamment morale»
Suède: La consécration d’une évêque lesbienne ne suscite pas de controverse locale
Genève, 19 novembre 2009 (Apic) L’archevêque de l’Eglise de Suède Anders Wejryd a provoqué l’indignation d’une Eglise luthérienne d’Afrique en ordonnant une femme ouvertement homosexuelle en tant qu’évêque de Stockholm le 8 novembre. Mais selon lui, cette d’une évêque lesbienne ne suscite pas de controverse locale.
L’archevêque affirme toutefois que ni son Eglise, ni son pays ne soutiennent la promiscuité sexuelle, mais que la Suède est une «société étonnamment morale». Il a déclaré que l’Eglise de Suède encourage les relations fidèles et stables entre deux personnes, quelle que soit leur orientation sexuelle.
L’Eglise de Suède a publié un communiqué de presse lorsque Eva Brunne, 55 ans, a été consacrée évêque de Stockholm lors d’une cérémonie qui s’est tenue à la cathédrale d’Uppsala, église mère de la plus grande dénomination luthérienne du monde, qui compte près de 7 millions de membres. Dans le cadre de la législation suédoise, Eva Brunne vit en partenariat civil enregistré avec une autre femme, Gunilla Lindén, pasteure de l’Eglise de Suède, et elles sont les tutrices d’un enfant de trois ans.
Pas de crise comme au sein de la Communion anglicane
Jusqu’à présent, la Fédération luthérienne mondiale (FLM), qui représente environ 69 millions de membres dans 79 pays, a réussi à éviter le niveau d’acrimonie et de division que connaissent les 77 millions de membres de la Communion anglicane mondiale sur la question du clergé homosexuel.
Certaines des critiques les plus véhémentes adressées à l’Eglise de Suède sont toutefois venues de luthériens du Kenya. «Nous condamnons le plus fermement possible cette mesure fâcheuse et contraire aux Ecritures prise dans une Eglise portant le nom du grand réformateur Martin Luther», a déclaré l’archevêque Walter Obare, qui est à la tête de l’Eglise évangélique luthérienne du Kenya.
Lors d’une interview accordée au correspondant d’ENI à l’occasion de la réunion du principal organe directeur de la FLM à Genève, l’archevêque Wejryd a parlé de son Eglise et des relations homosexuelles. «Il s’agit d’une question de conscience et nous devons donc être très ouverts», a expliqué l’archevêque. «En Suède, cette question n’est pas si controversée. En fait, il y a des membres du clergé qui vivent en partenariat homosexuel depuis 30 ans dans certaines régions du pays.
«Ils sont considérés comme de respectables chrétiens. Peut-être est-ce difficile à comprendre», a-t-il dit. «Notre question est la suivante: est-ce possible d’un point de vue théologique ? Je pense que la réponse dépend de notre interprétation biblique qui nous a conduits à œuvrer contre l’esclavage. Il y a beaucoup d’esclavage dans la Bible», a indiqué l’archevêque Wejryd.
L’Eglise de Suède veut montrer que les homosexuels ont des droits égaux
Toutefois, l’Eglise de Suède croit fermement qu’il est important de montrer que les homosexuels ont des droits égaux. Le 1er mai, le Parlement suédois a adopté une loi permettant le mariage homosexuel, alors qu’auparavant les couples de même sexe pouvaient s’unir uniquement dans le cadre d’un partenariat enregistré.
Le 22 octobre, le Synode général de l’Eglise de Suède a, avec l’approbation de 70 % de ses évêques, également accepté la célébration des mariages homosexuels à l’église. Affirmant que la Suède est une société morale qui s’oppose à la promiscuité sexuelle, l’archevêque Wejryd a déclaré: «C’est l’une des sociétés où la prostitution est la moins bien acceptée. Il est illégal d’acheter des services sexuels en Suède et c’est une loi qui bénéficie d’un important soutien». (apic/eni/be)




