Rome: Le Premier ministre français souhaite un dialogue «plus apaisé» avec l’Eglise en France
Une société française «divisée» et «meurtrie»
Rome, 28 avril 2014 (Apic) Le Premier ministre français Manuel Valls a souhaité, le 27 avril 2014, à Rome, «un dialogue plus ouvert et plus apaisé» avec l’Eglise catholique dans son pays. Il venait d’assister, place Saint-Pierre, à la canonisation des papes Jean XXIII et Jean Paul II. L’ancien ministre de l’Intérieur, en première ligne un an plus tôt face à la contestation des milieux catholiques lors de la légalisation du mariage homosexuel, a déploré une société française «divisée» et «meurtrie».
Lors d’une rencontre avec des journalistes, Manuel Valls a plaidé pour l’apaisement et le rassemblement autour de toute une série de débats, notamment la fin de vie, la procréation médicalement assistée (PMA) et la gestation pour autrui (GPA), rapporte l’AFP. Le premier ministre a relevé que «des interrogations existent partout» sur ces sujets, au-delà des clivages traditionnels gauche-droite. Dans l’importante délégation qu’il a conduite à Rome, Manuels Valls avait invité des membres du cercle politique «Esprit civique», laboratoire d’idées de la gauche chrétienne.
Le Premier ministre a assuré que le mariage homosexuel en France était «rentré dans les faits», mais que le président Hollande était sensible au fait que certains sujets de société devaient être traités avec méthode. «La société française est divisée, meurtrie», a relevé Manuel Valls, qui a jugé important de montrer des signes de respect et de reconnaissance.
Réaffirmation de la laïcité
«La France a une histoire. Personne ne va le nier, l’effacer», a assuré Manuel Valls en référence aux racines chrétiennes du pays souvent rappelées par l’Eglise. Le ministre a aussi affirmé que la République était forte quand elle n’avait pas peur de respecter les diverses confessions.
La veille au soir, devant un parterre d’évêques, à l’ambassade de France auprès du Saint-Siège, il avait cependant insisté sur le «principe fondamental» qu’est la laïcité en France. Une France, avait-il ajouté, «que l’on a pu qualifier de Fille aînée de l’Eglise».
‘Rétropédalage’
Certains observateurs voient dans la visite du nouveau Premier ministre au Vatican et celle, plus symbolique encore, en janvier dernier, du président Hollande, un ‘rétropédalage’ après un fort différend avec les catholiques lors du débat sur le mariage homosexuel. «Manuel Valls a conscience qu’il a mal géré les rapports avec les catholiques l’an passé», a confié à l’agence I.MEDIA une source proche du chef du gouvernement. L›ancien ministre de l’Intérieur s’est défendu en expliquant qu’il avait été contraint d’éviter «le désordre et la confusion» et qu’il avait dû réprimer les agissements de «groupes néo-nazis qui n’avaient rien à voir avec l a majorité des manifestants» contre le mariage homosexuel. (apic/imedia/ami/afp/rz)



