Genève: Face au risque de découragement, un nouveau Concile ?

Une suggestion de l’abbé Michel Salamolard

Genève, 10 novembre 2009 (Apic) Prêtre valaisan, Michel Salamolard rencontre – pas seulement – des chrétiens déçus, découragés. Y compris parmi les «forces vives» des Eglises. Pour y faire face, il voudrait un nouveau Concile.

Michel Salamolard a présenté cette proposition dans le cadre de la rencontre organisée chaque mois par le Département de la formation de l’Eglise catholique de Genève, selon la formule: «un auteur, un livre». Le livre, en l’occurrence, est celui qu’il a écrit avec le jésuite belge José Davin et qui porte ce titre : «A quand le Concile ?» (*). Les auteurs entendaient relayer des voix plus «autorisées», comme celles d’une quarantaine d’évêques, en majorité du Brésil, ou du cardinal Martini, qui se sont exprimées dans ce sens.

Et, surtout, encourager des fidèles qui «glissent d’un enthousiasme à un refroidissement». L’un de ses auditeurs indiquait, lors de la rencontre, qu’il ne compte aucun pratiquant parmi ses douze petits enfants… Certes, l’Eglise est en permanence conciliaire sous diverses modalités. Cependant, les synodes continentaux ou diocésains et autres rencontres épiscopales ne semblent guère en mesure, selon Michel Salamolard, d’apporter les changements souhaitables. Pas plus qu’à un autre niveau les conseils presbytéraux ou pastoraux. «On est trop consensuel, il y a trop de peurs, les arêtes sont rabotées et le prophétisme mis sous le boisseau».

Un Concile par Internet ?

Cependant, cela fermente, bouillonne dans un peuple de Dieu plongé dans un monde en ébullition. Pour mobiliser les esprits, Michel Salamolard suggère donc de relancer un «processus conciliaire». Il ne s’agit pas de rassembler quelque cinq mille évêques à Rome, ou du moins pas dans un premier temps, mais d’ouvrir un libre débat, décentralisé et étalé dans le temps. Avec des participants qui ne soient pas seulement des «gentils». Car les gentils manquent souvent d’énergie…

«Que chacun prenne la parole, que l’on diffuse non seulement les bonnes idées, mais les bonnes expériences !», s’exclame Michel Salamolard. «C’est impossible, sauf si on le fait», insiste-t-il. Internet pourrait-il être un outil pour une telle entreprise ? Pourquoi pas, répond Michel Salamolard qui estime que l’Eglise ne court pas un grand risque, puisque le dernier mot revient au pape. «Il ne faut pas perdre un bon centralisme, garant de l’unité, un centralisme qu’on pourrait nous envier s’il était assorti d’un autre pôle», souligne le prêtre valaisan. MBA

(*) «A quand, ce Concile ? Manifeste pour un renouveau de l’Eglise», José Davin, Michel Salamolard, Editions Saint-Augustin, 2008,

José Davin, prêtre jésuite belge, impliqué principalement dans la pastorale des personnes en difficulté ou handicapées, est aussi en contact avec les paroisses et lié à diverses animations chrétiennes. Michel Salamolard, prêtre suisse, est titulaire d’une maîtrise en théologie de l’Institut catholique de Paris, avec formation en sociologie et psychologie. Il a exercé et exerce différents ministères: formation chrétienne d’adultes, accompagnement de jeunes et d’adultes en difficulté, service paroissial, publication de livres et d’articles sur des questions de foi, d’éthique et de développement personnel. (apic/mba/be)

10 novembre 2009 | 16:50
par webmaster@kath.ch
Partagez!