Une terre administrée au moyen de faux certificats de propriété, assure le Mst

Brésil: Des «sans terres» occupent la plus grande plantation d’oranges du pays

Brasilia, 11 octobre 2009 (Apic) Des «sans terres occupent la plus grande plantation d’orangers au Brésil. Avec le soutien du Mst, qui accuse l’entreprise de se servir de faux papiers pour mener à bien son commerce.

Les terres de la plus grande plantation d’oranges du Brésil, gérée par l’entreprise Cutrale – unes des principales exportatrices au monde de jus d’agrumes -, sont administrées au moyen de faux certificats de propriété, soutient en effet le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (Mst).

Ce dernier cautionne l’occupation du domaine de Capim, à Borebi, dans le centre de l’État de São Paulo, par 250 familles et accuse la compagnie d’exploiter illégalement pour la monoculture de l’orange des milliers d’hectares de terrains appartenant à l’État et entrant donc dans le champ d’application de la réforme agraire.

Selon Misna, les cultivateurs ont détruit des milliers d’arbustes, «symboles d’injustice», pour les remplacer bientôt par des cultures de riz, de haricots, de maïs et de produits de l’»agriculture familiale».

Au total, selon les travailleurs sans terre, la zone sous contrôle de l’entreprise s’étend dans la région sur près de trois millions d’hectares, ce qui prouve par ailleurs que la concentration des terres dans le pays est restée inchangée (40% environ) au cours des 20 derniers années, tel que l’indique également le récent recensement agro-zootechnique publié par l’Institut brésilien de géographie et statistiques (Ibge).

«La productivité de la zone ne peut pas dissimuler le fait que Cutrale occupe des terres publiques (…), l’orange devient en l’occurrence symbole d’irrégularité», écrit dans un communiqué la direction du Mst de São Paulo, avant d’énumérer une multitude de cas similaires impliquant notamment les consortiums Aracruz et Stora Renzo.

Le communiqué précise en outre que Cutrale est également l’objet d’une enquête judiciaire ouverte par l’État de São Paulo pour la formation de cartels dans le secteur de la production de jus d’agrumes au détriment des petits producteurs et l’entreprise a été maintes fois accusée de porter atteinte à l’écosystème pour ses déversements de déchets industriels non traités dans les cours d’eau.

Un tribunal a déjà délivré un ordre d’évacuation à l’encontre des familles des Sans Terres installées dans le domaine de Capim ; cependant, le Mst a averti que la propriété resterait occupée jusqu’à la convocation d’une réunion avec le responsable de l’Incra (Institut national de colonisation et réforme agraire), qui s’est néanmoins prononcé contre l’occupation. (apic/misna/pr)

11 octobre 2009 | 16:26
par webmaster@kath.ch
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