Brésil : Le pape François évoque les multiples souffrances des jeunes lors du Chemin de croix sur la plage de Copacabana

Une Via Crucis grandiose aux allures de show

Rio de Janeiro, 27 juillet 2013 (Apic) Devant plusieurs centaines milliers de jeunes réunis sur la plage de Copacabana pour le Chemin de croix, le pape François a évoqué, le 26 juillet 2013 en fin d’après-midi, les multiples souffrances du monde et des jeunes en particulier, de la faim au fléau des «paradis artificiels». Lors de cette Via Crucis des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) à la mise en scène spectaculaire, le pontife a également mentionné les injustices sociales et politiques ainsi que «l’incohérence des chrétiens et des ministres de l’Evangile».

L’une des plus célèbres plages du monde, emblème des plaisirs et de la fête, a accueilli l’étonnant spectacle des 14 étapes du Chemin de croix à la scénographie élaborée, à grand renfort de musiques dignes des grands films américains, de chorégraphies et d’effets lumineux. Pas de ›Notre Père’ ni de ›Je vous salue Marie’ en revanche au fil de cette Via Crucis grandiose aux allures de show.

A la nuit tombée, devant une foule silencieuse de jeunes massés le long de l’océan et de ses hautes vagues, au terme des méditations du Chemin de croix, le pape François a assuré que Jésus s’unissait «au silence des victimes de la violence qui ne peuvent plus crier, surtout les innocents et ceux qui sont sans défense».

Il a également évoqué les «familles qui sont en difficulté, qui pleurent la mort de leurs enfants, ou qui souffrent en les voyant être les proies des paradis artificiels comme la drogue», les «personnes qui souffrent de la faim dans un monde qui chaque jour met à la poubelle des tonnes de nourriture» ou encore ceux qui sont persécutés «à cause de leur religion, de leurs idées, ou simplement pour la couleur de leur peau».

Incohérence des chrétiens

Avec sa croix, a poursuivi le pontife, «Jésus s’unit aux nombreux jeunes qui ne mettent plus leur confiance dans les institutions politiques, car ils y voient égoïsme et corruption». Il a alors évoqué ceux qui «ont perdu la foi en l’Eglise, et même en Dieu, à cause de l’incohérence des chrétiens et des ministres de l’Evangile». Mais l’amour de Dieu, a souligné le pape François, est «tellement grand» qu’il «entre dans notre souffrance et nous aide à la porter».

Le pontife a aussi évoqué la mémoire des 240 jeunes victimes de l’incendie d’une discothèque dans le Sud du Brésil, au mois de janvier dernier.

Comme il aime à le faire, le pape argentin a ensuite interpellé la foule de jeunes présents. «Qui voulez-vous être ?», a-t-il demandé, avant de poursuivre : «Etes-vous de ceux qui se lavent les mains, comme Pilate ?»

Les méditations des différentes stations ont été lues par des jeunes d’horizons divers : un volontaire dans un centre de lutte contre la toxicomanie, une femme engagée dans la défense de la vie et contre l’avortement, un jeune couple sur le point de fonder un foyer, un passionné de sciences. A chaque station correspondait un tableau, animé par de nombreux figurants, un chœur et un orchestre, pour évoquer un aspect spécifique de la souffrance des jeunes. Les ‘JMJistes’ ont suivi cette Via Crucis assis dans le sable, grâce à la vingtaine d’écrans géants installés tout au long de la plage.

Le pape François a suivi ce Chemin de croix depuis le gigantesque podium installé à une extrémité de la plage. Assis au pied d’une immense croix, il avait souhaité avoir à ses côtés 35 chiffonniers argentins. (apic/imedia/mm/cw)

27 juillet 2013 | 10:03
par webmaster@kath.ch
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