Rome: Visite du président gabonais Ali Bongo au Vatican
Une visite marquée par le souvenir de son père
Rome, 10 décembre 2009 (Apic) Lors de sa première visite au Vatican, le 10 décembre 2009, le président de la République du Gabon, Ali Bongo Ondimba, a évoqué avec ses hôtes la figure de son père Omar, décédé en juin dernier après avoir été à la tête du pays pendant 41 ans. La rencontre entre le chef d’Etat africain et Benoît XVI a aussi été marquée par un échange de cadeaux placé sous le signe de la protection de la nature.
Ali Bongo, catholique converti à l’islam comme l’ensemble de sa famille, s’est ainsi entretenu en privé avec Benoît XVI pendant une vingtaine de minutes, en français. Le président gabonais a également rencontré le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone, et le secrétaire pour les relations avec les Etats, Mgr Dominique Mamberti.
Selon un communiqué publié par la suite par le Bureau de presse du Saint-Siège, les deux parties ont évoqué au cours des différents échanges la figure du président Omar Bongo et se sont «félicitées des bonnes relations entre le Gabon et le Saint-Siège, consolidées par l’Accord cadre de 1997 et ses développements». Ces entretiens cordiaux ont également permis d’évaluer la contribution des catholiques au progrès du pays et du peuple gabonais, notamment en matière d’éducation, a encore indiqué le bref communiqué.
La protection de la nature, un thème cher à Benoît XVI
La remise de cadeaux qui a suivi l’audience privée, dans la bibliothèque du pape, était placée sous le signe de la protection de la nature, un thème cher à Benoît XVI. Ainsi, le président gabonais a d’abord remis au pape deux ouvrages sur son pays: la version originale du journal tenu par le naturaliste américain Mike Fay, qui a passé plusieurs années à explorer la forêt de l’Afrique Centrale, et un second livre sur le Gabon intitulé «The last place on Earth», de Michael Nichols, correspondant américain pour de revue National Geographic. La forêt équatoriale gabonaise, dense et riche, recouvre 85 % du territoire. On y dénombre plus de 400 espèces d’arbres ou arbustes.
Ali Bongo a en outre offert au pape une peinture ethnique abstraite sur la ›temporalité’ et une sculpture tribale en bois recouvert de cuir. Benoît XVI a remis au chef d’Etat africain la traditionnelle médaille de son pontificat. Le président était accompagné de 7 autres personnes et de sa femme, d’origine française. Portant un tailleur noir à pois blancs et la tête recouverte d’une mantille, l’épouse du président s’est montrée très à l’aise avec le pape, discutant longuement avec ce dernier avant de prendre congé.
Investi président mi-octobre à l’issue d’un scrutin contesté
Investi président mi-octobre à l’issue d’un scrutin contesté, Ali Bongo est âgé de 50 ans. Né le 9 février 1959, Alain Bernard Bongo prend le prénom d’Ali en 1973, lors de la conversion de la famille à l’islam. Il effectue une partie de ses études en France, au collège Sainte-Croix de Neuilly-sur-Seine, puis à la Sorbonne. Un doctorat de droit en poche, il revient au Gabon dans les années 1980 et intègre le cabinet de son père en 1987. Il occupe plusieurs postes ministériels et prend un temps la tête du Conseil supérieur des affaires islamiques du Gabon.
Pays situé à l’ouest de l’Afrique centrale, le Gabon compte une majorité de fidèles chrétiens, une forte présence animiste et un très faible pourcentage de musulmans. L’Eglise catholique y est fortement concurrencée par des groupes protestants et des sectes évangéliques.
Le 9 juin 2009, L’Osservatore Romano avait évoqué la mort, la veille, en Espagne, du président Gabonais Omar Bongo, «le leader africain au pouvoir depuis le plus longtemps». En Une, le quotidien du Vatican avait précisé que le père d’Ali, décédé à 73 ans après 41 années au pouvoir, avait été «un politicien considéré comme controversé par de nombreux observateurs». «Bongo était au cœur d’affaires pas toujours claires, dans son pays et à l’étranger, grâce auxquelles, selon ses adversaires, il avait consolidé son pouvoir», avait encore précisé L’Osservatore Romano.
Pour autant, le quotidien avait salué son «autorité» ainsi que sa «capacité de médiation internationale», donnant en exemple sa participation aux accords de paix au Congo-Brazzaville en 1999 et, plus récemment, dans les crises en République centrafricaine et au Tchad. (apic/imedia/cp/be)



