Corée du Sud: Le voyage du pape François a eu un impact considérable dans le pays
Une visite qui inciterait les Coréens à revoir leur modèle de développement?
Séoul, 20 août 2014 (Apic) La presse coréenne ne tarit pas d’éloges sur la visite du pape dans le pays, du 14 au 18 août dernier, relève Radio Vatican. Les médias soulignent que le Saint-Père a su transmettre des émotions, ranimer la confiance et écouter le peuple. Ses appels en faveur d’une meilleure distribution des richesses devraient, selon le quotidien coréen «Hani», pousser les Coréens à revoir leur modèle de développement.
Les gestes du pontife ont apparemment frappé les esprits, notamment la lettre remise aux proches des victimes du naufrage du ferry Sewol, et la broche en forme de papillon offert par une des anciennes ‘femmes de réconfort’ qu’il a accrochée à son habit. «Son humilité a replacé la personne au centre», titre «Hani». La Corée est «amoureuse du pape», assure un autre journal, tandis que le quotidien «Donga» exhorte à ne pas oublier ses enseignements. «En l’espace d’une centaine d’heures, il a donné des orientations pour cent ans», affirme le média.
Avec la visite du pontife, l’espoir d’une réunification avec le nord renaît dans les cœurs, souligne la presse du Pays du Matin calme. Les journaux citent notamment un responsable bouddhiste pour qui le pape François «a offert la paix et l’espérance à la Corée, il l’a exhortée à aimer et à sourire».
Des prêtres coréens en pleurs lors de la messe
Radio Vatican a recueilli les impressions du Père Philippe Blot, des Missions Etrangères de Paris. Originaire du diocèse de Bayeux-Lisieux, l’ecclésiastique vit en Corée du Sud depuis 24 ans. Il travaille dans la grande périphérie de Séoul dans un centre pour de jeunes adolescents et étudiants issus de familles décomposées ainsi que dans un autre centre ouvert depuis trois ans à des réfugiés nord-coréens.
«On attendait beaucoup du voyage, car le charisme du pape est de parler, mais aussi de mettre en acte ce qu’il prêche». Le missionnaire a été touché par la proximité du Saint-Père, «l’amour de Jésus qu’il veut donner aux autres».
Le prêtre français retient deux mots du séjour du pontife: «l’amour et le pardon». Sans pardon et sans miséricorde par de réconciliation et pas de paix. «Pour les Coréens qui ont connu la guerre, c’est très difficile de pardonner à ceux qui ont tué votre famille», précise-t-il. Le pape leur demande de dépasser leurs vieilles blessures.
Le missionnaire raconte que lors de la messe célébrée par le pape, des prêtres qui se trouvaient à côté de lui ont pleuré. Certains, les plus âgés, éprouvent encore de la haine, explique le Père Blot, «ils ont du mal à pardonner» et ça les touche que le pape, un étranger qui représente le Christ, vienne leur dire qu’il faut embrasser les Nord-Coréens, que la paix se fait comme ça. «Ca les prend aux entrailles et ça les fait bouger». Les gens ne seront plus les mêmes, assure-t-il.
Grand intérêt des non chrétiens
Le missionnaire rappelle que le pape est arrivé dans un contexte de tristesse, en raison du naufrage et de la révélation d’un certain nombre de scandales, mais qu’il a rétabli «une certaine joie, beaucoup d’espérance». Pour le Père Blot, il existe des signes d’un nouveau départ vers la réconciliation et la paix, au niveau politique et religieux, même pour les non chrétiens. Des représentants bouddhistes, anglicans, protestants et orthodoxes ont assisté à la messe pour la réconciliation. Le missionnaire français y voit la promesse d’une démarche commune de paix pour faire du nord «un ami». Le Père Blot témoigne de l’intérêt général des non chrétiens coréens pour le pape. «Ils ne font qu’en parler», assure-t-il. (apic/rv/rz)



