L’UE et sa directive dite du retour dans le collimateur

Uruguay: Fin de la conférence sud-américaine sur les migrations

Montevideo, 22 septembre 2008 (Apic) La politique de l’Union européenne en matière de migration a été au centre de la conférence sud-américaine sur les migrations, tenue à Montevideo, en Uruguay. Dans le collimateur des pays latinos: la directive de l’UE dite du retour, vivement critiquée.

La Conférence sud-américaine sur les migrations refuse en effet «la criminalisation du migrant, la xénophobie, la discrimination, l’abus d’autorité et les déportations de masse par les pays d’accueil. Elle se prononce néanmoins en faveur d’un dialogue «constructif avec l’Union européenne», peut-on lire dans la déclaration conclusive de la 8ème Conférence sud-américaine sur les migrations (Csm), qui s’est achevée le week-end dernier à Montevideo, en Uruguay.

Des représentants des gouvernements d’Argentine, Brésil, Chili, Paraguay, Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou, Uruguay, Venezuela, Guyane, Suriname, Mexique et Salvador, ainsi que de délégués de nombreuses organisations non gouvernementales étaient présents.

Dans le document, la Csm «récuse» notamment «l’approbation par l’Union européenne (UE) de ladite «directive retour» ainsi que toute tentative de criminaliser les migrants», mettant l’accent sur leur retour dans leur pays d’origine qui «ne peut découler que d’une décision libre» des intéressés.

En même temps, c’est un appel à un «dialogue constructif» avec l’UE qui s’élève d’Amérique du Sud, un dialogue «impliquant une analyse des causes profondes de la migration, issue des asymétries et de l’injustice des relations économiques internationales». L’Europe a également été invitée à adopter des «politiques migratoires consistantes dans le cadre de la promotion des droits de l’homme» et à «maintenir et approfondir les engagements disposés par les Objectifs du Millénaire» de l’Onu.

La Csm a par ailleurs annoncé l’instauration d’un «Réseau sud-américain sur la gouvernance des migrations» afin d’articuler «de manière plus harmonieuse les différentes institutions qui observent et étudient ce phénomène dans la région». Elle a également réaffirmé sa volonté d’»assurer la protection des migrants vulnérables» de manière à ce que tout consulat de la région soit en mesure de porter assistance à chaque ressortissant sud-américain.

La Csm a enfin décidé de s’exprimer «à l’unisson» dans les assemblées internationales, à commencer par le Forum mondial sur les migrations et le développement, prévu du 27 au 30 octobre à Manille, aux Philippines. (apic/misna/pr)

22 septembre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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