Uruguay : Les parlementaires européens s’engagent à trouver Simon Riquelo

«Quinze pays, 15 parrains et marraines pour Simon»

Strasbourg, 30 juillet 2001 (APIC) Quinze parlementaires européens s’engagent à faire pression sur le gouvernement uruguayen pour trouver Simon Riquelo, enlevé en 1976 par les militaires. Séparé de sa mère par la force lorsqu’il avait 22 jours à peine, Simon est depuis lors porté disparu. Sara Méndez, sa mère, s’est rendue récemment en Europe pour dénoncer les autorités uruguayennes, ainsi que les tortionnaires, auteurs de l’enlèvement, qui vivent toujours en toute impunité à Montevideo.

Dans une interview donnée récemment à l’APIC, Sara Méndez a raconté son parcours: elle est la seule mère uruguayenne à survivre à sa détention, aux tortures et à l’enlèvement de son fils Simon, lors d’une opération coordonnée dans le cadre de la sinistre «Opération Condor» menée sous les dictatures militaires du Cône sud dans les années 70.

Après 25 ans de vaines recherches, la mère de Simon s’est rendue en Europe où elle a été reçue par des autorités de pays comme la Suisse, l’Allemagne, la France et l’Espagne, et aussi par le Parlement européen, où une cérémonie, appelée «Quinze pays, 15 parrains et marraines pour Simon», a été mise sur pied le 4 juillet dernier. Désormais, Sara Méndez compte avec l’appui de 15 parlementaires européens, un pour chaque pays de l’Union européenne.

Ces euro-parlementaires se sont engagés àà faire pression sur le gouvernement uruguayen. Leur première démarche consistera à envoyer une lettre au président Jorge Batlle, afin qu’il prenne ses responsabilités et qu’il s’engage à trouver Simon. Sara compte aussi avec l’appui de Nicole Fontaine, présidente du Parlement européen. Celle-ci a assuré qu’elle «fera tout le nécessaire pour aider à trouver son fils».

Avec l’appui du juge Garzon

Au cours de l’audience avec le juge espagnol Baltazar Garzon, Sara Méndez a demandé l’ouverture d’une procédure à l’encontre du général actuellement à la retraite, José Nino Gavazzo. Selon les dénonciations de l’Uruguayenne, ce militaire a commandé les militaires uruguayens lors de son enlèvement à Buenos Aires en 1976. Les militaires uruguayens refusent toujours de collaborer avec la justice, comme ils refusent d’informer sur ce qu’il est advenu du petit Simon, qui serait âgé de 25 ans aujourd’hui.

Sara Méndez s’est en outre entretenue avec le défenseur du peuple, Enrique Múgica pour lui demander de l’aide dans lecombat qu’elle mène désormais, elle et les familles des victimes des dictatures, contre l’impunité des bourreaux de milliers «de disparus» en Uruguay et ailleurs, en Amérique latine. Múgica a promis de chercher appui auprès de ses collègues latino-américains lors du Congrès que la Fédération Ibéroaméricaine des «Ombudsman» (FIO) organisera à Puerto Rico du 18 au 21 de septembre 2001. (apic/iac)

30 juillet 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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