L’intégration religieuse touche à des points très sensibles

Valais: conférence-débat: ’’Les rencontres interreligieuses: peurs, joies et défis’’

Sion, 13 février 2009 (Apic) Plus d’une centaine de participants étaient réunis, jeudi 12 février à Sion, à une conférence-débat organisée par la Médiathèque Valais sur le thème: ’’Les rencontres interreligieuses: peurs, joies et défis’’. Le professeur Shafique Keshavjee a mis en évidence l’importance de l’appartenance religieuse dans le processus d’intégration à l’intérieur d’une société multiculturelle.

Licencié en sciences sociales et politiques et docteur en histoire comparée des religions, actuellement professeur ordinaire de théologie des religions à l’Université de Genève, Shafique Keshavjee, a souligné que ’’dans les société multiculturelles, l’intégration religieuse est un des points les plus sensibles’’ car, dit-il, elle touche à des croyances profondes, souvent fondamentales dans la constitution d’une culture donnée».

Dans son exposé, professeur Keshavjee a relevé une série de difficultés auxquelles les acteurs d’une société pluri-religieuse sont souvent confrontés. ’’Le paysage religieux évolue et change constamment. Nous devons en être conscients et attentifs, affirme-t-il. Sinon nous risquons de tomber dans l’irrespect de l’autre et promouvoir l’offensive de nos propres identités alors que nous devrions nous dire que nous sommes avec des êtres humains avant de rencontrer leurs identités religieuses ou culturelles’’.

’’Il n’est pas évident, explique-t-il, qu’un enseignant, un médecin ou un aumônier de croyance chrétienne accomplisse sa tâche sans heurter ou choquer dans des moindres détails son interlocuteur ou son patient de croyance différente que la sienne. Quand un homme médecin de croyance chrétienne demande à une femme musulmane de se dévoiler afin qu’il puisse la soigner, celle-ci peut, par exemple, se sentir violée dans son identité religieuse alors que pour une patiente de confession chrétienne, ça va de soi. Un médecin, au-delà de ses connaissances faisant appel à la déontologie professionnelle, doit tenir compte de la sensibilité de la femme musulmane, la comprendre et faire preuve du respect de sa tradition voire de sa culture». Il en est aussi ainsi, ajoute-t-il, pour un enseignant qui s’adresse à un élève ayant autre confession que la sienne. Cela relève de l’exigence de la connaissance de l’autre et du respect de son identité.

Respect mutuel et résistance face à l’irrespect

’’Devant une gamme de difficultés de la société moderne, poursuit le conférencier,, la clé de la réussite et du succès du dialogue interreligieux se trouve dans le respect mutuel des uns et des autres, et dans la résistance face à l’irrespect de l’autre». Cela demande, en effet, d’être ferme mais sans être fermé, a relevé Shafique Keshavjee.

Interrogé par un des participants sur la situation actuelle et la diversité des religions en Suisse, le professeur Keshavjee, a dressé un tableau d’une démographie cumulative des grandes religions chrétiennes. ’’Historiquement, répond-il, la population suisse était d’abord majoritairement protestante mais cette tendance s’est vite inversée à cause du phénomène migratoire. Dans les années 1950, précise-t-il, la Suisse comptait environ 60% de protestants, pour 40% de catholiques. Et vers les années 1970, avec l’arrivée des Italiens et des Portugais, la tendance s’est inversée’’, relève le conférencier.

Et pour le cas du Valais, ajoute-t-il, les statistiques datant de 2000 montrent que la diversification religieuse est très faible: 80% de catholiques, 5,7% d’Eglises évangéliques réformées, 0,6% d’Eglises évangéliques libres et autres communautés protestantes.

Fondateur de la Maison du dialogue «L’Arzillier»

Le professeur Shafique Keshavjee, originaire de l’Inde, est né au Kenya et a vécu en Angleterre avant de s’installer en Suisse. Il a été pasteur de l’Eglise réformée du canton de Vaud, durant 15 ans. Il est un des fondateurs de «La maison du dialogue l’ArziIlier», engagée pour la paix entre les Eglises, religions et spiritualités.

Actif et très engagé dans le dialogue interconfessionnel et interreligieux, il a rédigé en 1998 ’’Vers une symphonie des Eglises. Un appel à la communion’’, texte accompagné de six écho de personnalités catholiques, orthodoxes et protestantes. Depuis 2000, il a adopté une écriture romancée pour parler des religions et des enjeux du dialogue interreligieux et dès lors, il est l’auteur de nombreux ouvrages dont notamment ’’Le roi, le sage et le bouffon. Le grand tournoi des religions’’ paru aux éditions du Seuil, traduit en nombreuses langues (allemand, italien, castillan, catalan, portugais, flamand, grec, turc, chinois, japonais, russe….), ’’Dieu à l’usage de mes fils’’, ’’La princesse et le prophète»(apic/ts/bb

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par webmaster@kath.ch
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